Mehdi Nemmouche. Photo AFP
Un ex-otage français en Syrie, le journaliste Nicolas Hénin, a révélé que Mehdi Nemmouche, le jihadiste français auteur présumé de la fusillade au musée juif de Bruxelles, avait été l'un de ses geôliers et l'avait frappé pendant sa détention.
L'information devait rester secrète, mais l'hebdomadaire Le Point, employeur de Nicolas Hénin, a publié son témoignage « glaçant » après que le quotidien Le Monde a révélé que Nemmouche « aurait été l'un des geôliers des otages occidentaux détenus » en Syrie par l'État islamique (EI). Nicolas Hénin a expliqué sortir de sa réserve « pour informer le public ». Dans son témoignage, Nicolas Hénin présente Nemmouche comme « Abou Omar, le cogneur ». Il décrit un Nemmouche « membre d'un petit groupe de Français dont la venue terrorisait la cinquantaine de prisonniers syriens détenus dans les cellules voisines. Chaque soir, les coups commençaient à pleuvoir dans la salle dans laquelle j'avais moi-même été interrogé ». Il le décrit comme un geôlier « égocentrique et affabulateur pour qui le jihad n'est finalement qu'un prétexte pour assouvir sa soif maladive de notoriété. Un jeune homme paumé et pervers ». « Il n'était probablement pas parti en Syrie pour se battre pour un quelconque idéal mais, avant tout, sans doute par manque de reconnaissance, pour se réaliser, pour réaliser une sorte de cavalcade meurtrière dont il avait fomenté le dessein », a abondé le journaliste devant la presse. Ses collègues – Pierre Torrès, Didier François et Édouard Élias – et lui ont été « en contact de juillet à décembre 2013 » avec Nemmouche, a-t-il précisé.
L'un d'eux, Didier François, a critiqué ces révélations estimant que cela « permet malheureusement d'alerter les autres ravisseurs sur le fait que les services français détiennent des éléments sur les membres de ce groupe terroriste ayant déjà perpétré des attentats ».
Nemmouche, 29 ans, actuellement détenu en Belgique où il a été inculpé, garde le silence sur les faits qui lui sont reprochés et doit comparaître le 12 septembre devant la Chambre du conseil de Bruxelles. Cette juridiction d'instruction doit décider de prolonger ou non sa détention préventive, selon son avocat belge, Me Henri Laquay.
(Source : AFP)

