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Anders Behring Breivik, qui avait tué 77 personnes le 22 juillet 2011 au nom de la lutte contre le multiculturalisme et de l'« invasion musulmane », veut créer un parti politique « fasciste » en Norvège pour intégrer le système démocratique.
Dans un pays où les détenus conservent tous leurs droits civiques, quelle que soit la lourdeur de leur peine, l'extrémiste a lancé dans une lettre de 17 feuillets « un ultimatum » au ministère norvégien de la Justice, le sommant de lever les obstacles placés délibérément, selon lui, pour l'empêcher de fonder le Parti fasciste norvégien (NFP) et la Ligue nordique (NL). Breivik assure aujourd'hui s'être « converti » à la cause démocratique depuis août 2012, disant avoir été inspiré par le succès électoral en Grèce du parti néonazi Aube dorée, et voudrait créer un parti pour défendre son idéologie inchangée sans avoir à recourir à la violence. « En tant qu'ex-militant, mon cœur pleure pour la barbarie que j'ai perpétrée le 22 juillet », écrit-il dans la lettre rédigée depuis la prison où il purge une peine de 21 ans, susceptible d'être prolongée ultérieurement. « En tant qu'ex-militant, le plus important dans ma vie est d'œuvrer pour que quelque chose de comparable ne se reproduise plus jamais. Tout le but du NFP et de la NL est que cela ne se reproduise pas », écrit-il avant de signer « Anders Behring Breivik, secrétaire du parti et candidat à la députation du NFP et de la NL ». Il assure avoir retenu le qualificatif « fasciste » pour éviter d'être estampillé comme « nazi ». « Puisque l'on sera de toute façon diabolisé, il est tactiquement justifié de l'endosser », juge-t-il.

