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Moyen Orient et Monde - Conflit

Convoi d’aide russe en Ukraine : « Il s’agit d’une invasion directe »

Les camions d'aide arrivent à Lougansk ; réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'Onu ; le consul honoraire lituanien tué par les rebelles.

Le convoi russe d’aide humanitaire est entré hier en Ukraine, sans plus attendre la permission de Kiev après une semaine d’attente, déclenchant de vives réactions occidentales. Alexander Demianchuk/Reuters

Tous les camions du convoi d'aide humanitaire russe sont arrivés hier dans l'est de l'Ukraine, selon la télévision d'État russe, suscitant de vives condamnations en Occident.
Après une semaine d'attente du côté russe de la frontière, la totalité des 300 camions blancs venus de Moscou est arrivée hier soir dans le fief rebelle de Lougansk, a annoncé la télévision d'État russe. Les autorités de Lougansk ont à plusieurs reprises dénoncé une situation humanitaire « critique », la ville étant sans eau courante, sans électricité et sans réseau téléphonique depuis bientôt trois semaines. Mais alors que Moscou affirme que ses camions transportent 1 800 tonnes d'aide humanitaire, les autorités ukrainiennes, dont les gardes-frontières n'ont pu inspecter que 34 des 300 véhicules, évoquent, elles, des « véhicules vides ». « Dans un des (camions) KamAZ qui peut transporter 25 tonnes, nous avons trouvé 800 kilogrammes de thé. Les 33 autres camions étaient chargés au maximum de huit tonnes » d'aide, a assuré le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk.


L'Otan a dénoncé « une violation flagrante » par la Russie de ses engagements internationaux et de la « souveraineté » de l'Ukraine, jugeant que cette évolution « ne peut qu'approfondir la crise » dans la région. De même, le Pentagone a exigé que Moscou retire « immédiatement » son convoi humanitaire sous peine de nouvelles sanctions. L'envoi de ces camions « constitue une violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine par la Russie », a déclaré le contre-amiral John Kirby, le porte-parole du Pentagone. L'Union européenne a, elle, « déploré » la décision de Moscou qui a, au bout d'une semaine d'attente, unilatéralement décidé d'envoyer en Ukraine les 300 camions blancs.
« Il s'agit d'une invasion directe », a vivement réagi le chef des services de sécurité ukrainiens Valentin Nalivaïtchenko, en promettant cependant que l'aviation ne bombarderait pas le convoi russe. « Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour que cela n'ait pas de conséquences plus graves », a assuré le président ukrainien Petro Porochenko.

 


Selon le président russe Vladimir Poutine, tout nouveau retard du convoi aurait été « inacceptable », a-t-il jugé dans un entretien téléphonique avec la chancelière allemande Angela Merkel. Cette dernière doit se rendre aujourd'hui à Kiev, où elle sera reçue par le président Porochenko pour une visite hautement symbolique à la veille de la fête de l'Indépendance de l'Ukraine qui donnera lieu à un défilé militaire dans la capitale.
En outre, le Conseil de sécurité de l'Onu s'est réuni hier pour des consultations d'urgence après l'entrée du convoi humanitaire russe. Les ambassadeurs de plusieurs pays occidentaux ont dénoncé ce qu'ils ont qualifié de « violation (de la souveraineté de l'Ukraine) ». Toutefois, l'ambassadeur russe Vitaly Churkin a donné une liste du contenu des camions : des générateurs électriques, du sucre, du thé et de la nourriture pour bébés, et s'est moqué de ceux qui suggèrent qu'ils transportent des armes.


Selon certains experts, Moscou reprend ainsi l'initiative, et veut « garder des leviers pour influencer la situation en Ukraine (...), signifie qu'aucun accord susceptible de satisfaire Moscou n'a été trouvé », selon Maria Lipman, analyste indépendante. « La Russie ne veut rien qui pourrait même ressembler un peu à une normalisation de la situation en Ukraine, ne veut pas que l'Ukraine rejoigne l'"axe de l'Occident", a-t-elle estimé. Et les combats en Ukraine aident Moscou à réaliser cet objectif. »
Sur le terrain, un porte-parole militaire ukrainien a affirmé que deux colonnes d'équipements militaires lourds russes avaient été aperçues sur la route de Lougansk, dans les localités de Molodogardiïsk et de Davydo-Mykilske.


Dans ce contexte, le ministre lituanien des Affaires étrangères en visite à Kiev a annoncé, sur son compte Twitter, que le consul honoraire de son pays à Lougansk avait été « kidnappé et tué » par les rebelles prorusses, sans préciser quand le drame est survenu.
Enfin, le président Porochenko espère convaincre lors d'un sommet régional à Minsk mardi son homologue russe Vladimir Poutine de « retirer les combattants » rebelles de l'est du pays.

 

Tous les camions du convoi d'aide humanitaire russe sont arrivés hier dans l'est de l'Ukraine, selon la télévision d'État russe, suscitant de vives condamnations en Occident.Après une semaine d'attente du côté russe de la frontière, la totalité des 300 camions blancs venus de Moscou est arrivée hier soir dans le fief rebelle de Lougansk, a annoncé la télévision d'État russe. Les autorités de Lougansk ont à plusieurs reprises dénoncé une situation humanitaire « critique », la ville étant sans eau courante, sans électricité et sans réseau téléphonique depuis bientôt trois semaines. Mais alors que Moscou affirme que ses camions transportent 1 800 tonnes d'aide humanitaire, les autorités ukrainiennes, dont les gardes-frontières n'ont pu inspecter que 34 des 300 véhicules, évoquent, elles, des « véhicules...
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