La première question qui passe à l'esprit des journalistes lorsqu'ils rencontrent Zach Condon, le fondateur du groupe Beirut, c'est pourquoi a-t-il plus particulièrement choisi ce nom de baptême à sa formation musicale née en 2006 et qui mêle folk, musique traditionnelle d'Europe de l'Est et chanson francophone. Et, comme d'habitude, il y répondra par la même réponse. Pour la sonorité des noms de villes. Pour leur poésie. Pour leur charme et pour leur magnétisme, mais certainement pas pour des raisons politiques. Peut-être lui proposera-t-on, à leur départ du Liban, d'échanger leur nom par celui de Jbeil ? Façon de rester en perpétuel mouvement. Pourtant, contrairement à ce que l'on croit, ces jeunes gens ne sont pas souvent sur le routes. Et même si leurs chansons portent les noms de villes, c'est parce que Condon aime voyager dans sa tête.
Tantôt on l'entend envoyer des cartes postales d'Italie (Postcards from Italy) et tantôt parler d'un meeting de montgolfières du début du XXe siècle dans The Flying Club Cup. Sur l'album Gulag Orkestar, on retrouve des cités comme Prenzlauberg, Brandebourg, Rhineland ou Bratislava, tandis que sur The Flying Club Cup, on pourrait visiter Nantes, Cherbourg et même la banlieue. « Ma musique vient de mes rêves à propos de ces endroits, des envols de l'imagination... et j'aime bien ça », a-t-il un jour dit dans une interview. Il est cependant certain que la musique de Beirut ressemble à Beyrouth. Colorée, panachée, mêlant les genres et les harmonies, elle est comme un creuset de multiples cultures et diverses sonorités.
Comment tout a commencé
pour Zach Condon ? Par l'achat d'une première trompette à l'âge de sept ans. Issu d'une famille de musiciens (grand-père chef d'orchestre, grand-mère accordéoniste et père saxophoniste et guitariste), le gamin, ébahi devant tant de cuivres lorsque son papa l'ait emmené voir une troupe de mariachis, tombe en amour devant cet instrument. La passion naît alors.
Aujourd'hui, le groupe a déjà huit ans et en est à son troisième album. Issu de Santa Fe, il est considéré comme la formation américaine la plus européenne avec ce mélange d'harmonies de l'Europe de l'Est. Le rendez-vous avec Beyrouth a été à maintes fois fixé et reporté. Le 19 août, la ville prendra enfin une forme réelle aux yeux de Beirut.
C.K.


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