Saad Hariri, chaleureusement applaudi par la délégation des habitants de Ersal. Photo Dalati et Nohra
Le chef du courant du Futur, le député Saad Hariri, a reçu hier soir à la Maison du Centre le chef du Rassemblement démocratique, le député Walid Joumblatt, venu à la tête d'une délégation importante, pour des retrouvailles « chaleureuses » en terre libanaise, selon des sources bien informées. </w:worddocument>
« Saad Hariri est rentré au Liban dans des conditions d'une extrême complexité. Mais, en même temps, sa présence parmi nous aujourd'hui est un facteur-clé, un élément décisif pour résoudre les grands problèmes et mettre l'accent sur la voie bâtie par son père Rafic Hariri, et qu'il a consolidée, celle de l'islam modéré libanais national arabe », a indiqué M. Joumblatt à l'issue de la réunion.
« Aujourd'hui, après Ersal, d'autres épreuves peuvent s'imposer à nous. Mais avec sa présence parmi nous et l'action du gouvernement, et après avoir trouvé une formule pour élire un président de la République – parce qu'il est inadmissible que le Liban reste sans président – nous pourrons faire face aux échéances économiques, politiques et socio-économiques, en tenant compte du fait que le monde arabe est menacé et que le chaos y règne », a poursuivi Walid Joumblatt.
« Je pense que jusqu'à présent, avec les efforts de Saad Hariri et d'autres bienfaiteurs, l'Arabie saoudite, en particulier, il existe jusqu'à présent un parapluie qui protège le Liban et qui, nous l'espérons, continuera de le faire. Mais nous ne devons pas nous contenter de dire qu'il y a un parapluie. Nous devons le renforcer », a-t-il ajouté.
« Notre candidat reste Hélou »
Walid Joumblatt a précisé que son candidat reste le député Henri Hélou. « C'est un candidat constant et qui a des principes. J'insiste à rappeler qu'il est notre candidat pour qu'il ne soit pas dit que nous sommes prêts à faire des compromis, a-t-il dit. Dès l'instant où nous abandonnerons sa candidature, nous perdrons toute crédibilité par rapport à la ligne que nous avons élaborée avec les autres et qui est basée sur la modération et le centrisme », a souligné le chef du PSP. « Nous avons 16 voix, et nous espérons qu'elles vont augmenter. Je souhaite que certaines parties qui ne nous ont pas donné leurs voix la dernière fois votent cette fois-ci pour Henri Hélou, parce que je pense que c'est la meilleure solution. Mais si les principales composantes veulent quelqu'un d'autre, eh bien, que les votes tranchent... », a-t-il poursuivi. Et d'ajouter : « Le principe de l'élection est nécessaire pour préserver le Liban et pour donner aux chrétiens du Liban et d'Orient de l'espoir. Une calamité s'est abattue sur les chrétiens du Moyen-Orient avec ce monstre féroce nommé Daech, et aussi sur des minorités qui ont vécu en Orient pendant des siècles et qui ont précédé l'islam, comme la minorité yazidie, dirigée par le prince Tahseen. Des dizaines de milliers d'entre eux ont fui, des femmes ont été capturées et des enfants tués. C'est une grande calamité qui s'est abattue sur les yazidis, sans oublier les chrétiens et les autres minorités, lesquelles ont vécu à une certaine époque sous l'aile de l'islam. »
M. Joumblatt a par ailleurs indiqué qu'« une vacance au Parlement frapperait toutes les institutions de l'État ». « Il n'est pas permis d'aller à une situation semblable à la situation irakienne. Je pense que personne ne veut ce vide », a-t-il noté.
Le don à Ersal
L'ancien Premier ministre Saad Hariri a par ailleurs reçu une délégation d'habitants de Ersal, devant laquelle il a déclaré : « Nous savons combien Ersal a donné pour abriter et aider les réfugiés syriens et comment ses citoyens ont ouvert leurs maisons pour les aider au cours des dernières années. Il ne fait aucun doute que la perte de vies et de propriétés dans votre ville est très grande, mais nous remercions Dieu que le plan pour nuire à Ersal a été déjoué. Nous devons protéger la ville avec toutes nos capacités », a poursuivi Saad Hariri, annonçant qu'il donnait 15 millions de dollars à la localité « pour la construction d'écoles, d'un hôpital et de tout ce dont la ville a besoin. »
« Je tiens à vous assurer que nous allons veiller à ce que qui s'est passé à Ersal ne se répète pas à l'avenir et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour cela. Je vous promets que je vais tout faire pour que cette ville reçoive les services et les projets qu'elle mérite, à travers l'État. Nous allons allouer les budgets nécessaires, reconstruire les maisons endommagées et améliorer les conditions de vie des citoyens, autant que possible, parce que tel est mon devoir en tant que fils de Rafic Hariri », a-t-il noté. Et de conclure : « Nous savons tous pourquoi Ersal a été visée (...), mais vous, les habitants, avec vos prises de positions, avez pu déjouer et vaincre le plan sournois. Nous savons que vous êtes tous avec l'État, l'armée et les institutions, et que chacun d'entre vous souhaite que l'État devienne plus fort, pour protéger tous ses citoyens et qu'il n'y ait pas de partis en dehors de l'État. Il ne fait aucun doute que des erreurs ont été faites et nous sommes en train de les résoudre, que ce soit avec l'armée ou toute autre institution. Nous refusons que ce qui s'est passé avec Ersal se reproduise dans toute autre ville libanaise. »
Un flot d'audiences
Le flot ininterrompu d'audiences s'est par ailleurs poursuivi pour l'ancien Premier ministre, depuis son retour à Beyrouth. Il a ainsi reçu hier le chef de Délégation de l'Union européenne au Liban, Angelina Eichhorst, l'ambassadeur de Grande-Bretagne, Tom Fletcher, puis du Qatar, Ali ben Hamad al-Mari, l'évêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, les députés Michel Murr et Dory Chamoun, les directeurs de la Sûreté générale, des Forces de sécurité intérieure, de la Sécurité de l'État, ainsi qu'une délégation d'habitants de la région de Wadi Khaled.


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