Des Ukrainiens devant un abri antibombe à Donetsk. Dimitar Dilkoff/AFP
La Russie a annoncé hier l'envoi imminent d'un convoi exclusivement humanitaire dans l'Est de l'Ukraine ravagé par les combats.
L'initiative russe intervient alors que l'armée ukrainienne resserre chaque jour son étau autour des deux derniers bastions séparatistes prorusses dans l'Est de l'Ukraine, Donetsk et Lougansk, au prix de nombreuses victimes, y compris civiles. Le président russe Vladimir Poutine a annoncé, dans un entretien téléphonique avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, que « la partie russe s'apprêtait à envoyer en Ukraine un convoi humanitaire en coopération avec la Croix-Rouge », selon un communiqué du Kremlin. Le porte-parole du Kremlin a assuré que le convoi russe, dont il n'a pu donner la date de départ, serait « sans escorte militaire », et que son principe en avait été convenu avec l'Ukraine. Mais le gouvernement ukrainien a prévenu que la Russie pouvait tout au plus participer à une opération humanitaire internationale, destinée a priori à la seule ville de Lougansk, initiée et menée sous le contrôle étroit de Kiev. De plus, M. Poutine a dénoncé auprès de M. Barroso les conséquences « catastrophiques » de l'opération militaire ukrainienne dans l'Est alors que 300 000 civils ont déjà fui vers la Russie et les autres régions de l'Ukraine en quatre mois de conflit qui a fait plus de 1 300 morts. Le président de la Commission européenne a pour sa part exprimé ses inquiétudes « face aux rassemblements de troupes russes à la frontière ukrainienne ». Il a aussi promis un soutien européen de 2,5 millions d'euros à l'aide humanitaire pour l'Ukraine, toujours selon Kiev.
Soutien américain réaffirmé à Kiev
De son côté, le président américain Barack Obama a « soutenu » cette initiative humanitaire du président ukrainien Petro Porochenko, et « a confirmé l'intention des États-Unis d'y prendre une part active », s'est félicité la présidence ukrainienne dans un communiqué.
Deuxième capitale régionale de l'Est de l'Ukraine qui comptait 500 000 habitants avant les combats, Lougansk est, selon les autorités locales, confrontée à un « blocus » et à une situation « critique » depuis neuf jours, alors que la ville n'a plus d'électricité, d'eau courante ou de réseau téléphonique, et que l'essence et les réserves de nourriture s'épuisent rapidement.
Sur le terrain, la situation humanitaire dans les deux places fortes des séparatistes de Donetsk et Lougansk ne cesse de se dégrader alors que l'armée resserre son étau depuis plusieurs jours d'intenses combats et de tirs d'artillerie ayant tué plusieurs civils. À Donetsk, chef-lieu de la rébellion qui comptait un million d'habitants avec le début des combats, des tirs d'artillerie ont été entendus hier dans tous les quartiers et des blindés rebelles ont été aperçus traversant le centre-ville. De plus, un obus est tombé hier sur une prison à régime sévère de l'ouest de la ville, tuant un détenu et permettant à plus de 100 autres de s'échapper.
Enfin, selon le commandant d'un bataillon de volontaires intégré dans les forces ukrainiennes, la reconquête de la capitale séparatiste serait longue et « douloureuse ». « Prendre une ville d'un million d'habitants est la plus difficile des opérations au XXIe siècle », a-t-il souligné.
(Source : AFP)

