La trentaine de villages autour d'Amerli sont tous sous le contrôle des ultraradicaux de l'État islamique (EI), mais la petite ville turcomane résiste face à l'un des sièges les plus longs et les plus dramatiques de l'actuelle crise irakienne. Sous la chaleur accablante de l'été, sans eau potable ni électricité et avec des réserves de vivres et de médicaments qui tarissent, même une défense héroïque ne sauvera pas les 20 000 habitants de cette ville située à 160 km au nord de Bagdad. « Cela fait près de deux mois que nous sommes assiégés, nous combattons les terroristes qui veulent éradiquer les vrais habitants de cette zone, les Turcomans chiites », explique Abou Zahraa, un travailleur journalier.
Blessé à une jambe dans des combats, il semble épuisé, mais comme la plupart des combattants d'Amerli, il refuse d'évoquer ses souffrances, de peur que cela n'entame le moral de la ville. Dimanche, des volontaires de la ville, appuyés par des policiers locaux et des membres de milices chiites, ont repoussé l'assaut le plus violent qu'ils aient encore eu à affronter. « Ils ont attaqué en très grand nombre, mais ils se sont heurtés au courage de nos combattants », assure Abdallah Shoukour Zain al-Abidine, un membre du conseil municipal, étendu sur un lit avec un keffieh enroulé autour d'une blessure au cou. « Personne ne va nous aider à sortir de ce piège mortel ? » s'interroge Ali al-Bayati, qui dirige une association de défense des droits des Turcomans. « Amerli ne manque pas d'hommes courageux, mais maintenant le problème ce sont les enfants, les femmes, les malades et les personnes âgées. Ils ont besoin d'un couloir humanitaire », explique-t-il par téléphone.
Selon lui, l'aviation irakienne pourrait aider à sécuriser une sortie vers Touz Khourmatu, une grande ville turcomane contrôlée par les forces kurdes à 25 km au nord. « Nous buvons l'eau trouble des puits, les habitants souffrent de diarrhées et notre dispensaire n'a plus de médicaments », s'inquiète Wahab Saleh, 40 ans, employé d'une compagnie pétrolière et père de quatre enfants.
Moyen Orient et Monde
Une ville turcomane assiégée par des jihadistes appelle à l’aide
OLJ / le 07 août 2014 à 00h00


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