Cratère à Donetsk suite à une frappe aérienne non loin du centre-ville. Dimitar Dilkoff/AFP
Les craintes d'une intervention russe dans l'est de l'Ukraine se sont accentuées hier, tandis que l'Otan s'inquiétait de la présence russe à la frontière.
Alors que son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen est attendu aujourd'hui en Ukraine, l'Alliance atlantique a dit craindre que Moscou prenne « le prétexte d'une mission humanitaire ou de maintien de la paix pour envoyer des soldats dans l'est de l'Ukraine », ce qu'a confirmé le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko. La Russie réclame des mesures d'urgence face à la dégradation de la situation humanitaire alors que la situation ne cesse de se détériorer sur le terrain. Selon M. Lyssenko, l'armée a perdu 18 hommes en 24 heures dans des combats dans l'Est.
À Donetsk, la nuit de mardi à mercredi a été marquée par une frappe aérienne non loin du centre-ville, la première depuis les bombardements en mai de l'armée ukrainienne pour chasser les rebelles de l'aéroport international de la ville. L'armée ukrainienne a toutefois rejeté toute responsabilité pour cette frappe en affirmant ne pas avoir « bombardé Donetsk ». Cette frappe n'a « pas fait de victimes civiles », selon la mairie.
Les forces ukrainiennes resserrent leur étau sur Donetsk afin de couper la ville de la frontière russe par laquelle transitent, selon l'Ukraine et les Occidentaux, armes et combattants, ce qui explique les sanctions économiques sans précédent imposées à la Russie. En riposte à ces mesures, Vladimir Poutine a d'ailleurs ordonné des restrictions « pour un an » sur les importations de certains produits agroalimentaires en provenance des pays sanctionnant la Russie. En outre, selon l'Otan, le nombre de militaires russes à la frontière ukrainienne est passé de 12 000 à la mi-juillet à 20 000, créant ainsi une « situation dangereuse », ce que Moscou a démenti.
Enfin, un vice-ministre russe a été limogé hier après avoir créé la polémique en Russie en publiant sur les réseaux sociaux des excuses pour les politiques « stupides » décidées par le gouvernement. Les « choses stupides » dénoncées par M. Beliakov sont la décision cette semaine de transférer les fonds destinés au versement des retraites pour la couverture d'autres besoins, prolongeant ainsi un moratoire datant de l'année dernière qui permet à une partie de l'argent destiné aux futures retraites d'être investi dans l'économie.
(Sources : agences)

