La délégation du Futur en compagnie de Mgr Kassarji.
Une délégation du bloc du Futur, formée du ministre Nabil de Freige, et des députés Atef Majdalani, Jean Oghassabian, Ammar Houry, Mohammad Hajjar, Bassem Chab et Amine Wehbé, a exprimé hier matin sa solidarité avec les chrétiens de Mossoul.
La délégation, qui a été reçue par l'évêque chaldéen, Mgr Michel Kassarji, à l'évêché chaldéen de Baabda, a condamné les exactions et les atrocités commises à l'encontre de la communauté chrétienne de Mossoul aux mains des miliciens de l'État islamique (Daech).
Mgr Kassarji a fait un exposé des difficultés sociales et économiques auxquelles sont confrontées les familles irakiennes chrétiennes qui ont fui Mossoul sans rien pouvoir emporter comme avoirs personnels et qui se trouvent actuellement au Liban. La situation des réfugiés irakiens était déjà difficile avant ce nouvel exode, a indiqué l'évêque chaldéen, évoquant les problèmes rencontrés depuis 2003 au début de chaque année scolaire pour enregistrer les jeunes réfugiés dans les écoles libanaises.
Mgr Kassarji a par ailleurs appelé la délégation à apporter son aide aux réfugiés en intercédant auprès du gouvernement, et plus particulièrement des ministres de la Santé, des Affaires sociales, de l'Intérieur et de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur. « Il convient de traiter les déplacés chrétiens de Mossoul de la même manière que les déplacés syriens », a-t-il dit, indiquant que « la plupart d'entre eux sont localisés à Sedd el-Bauchrieh, Sabtiyeh et Sin el-Fil ».
De son côté, la délégation a mis en exergue « la nécessité du vivre-ensemble dans l'ensemble de l'Orient entre les chrétiens et les musulmans et toutes les communautés ». Elle s'est engagée à offrir son aide à tous les niveaux.
La séance de la commission parlementaire de la Santé, mercredi prochain, sera consacrée à la question des réfugiés irakiens chrétiens de Mossoul, en présence des ministres de la Santé, des Affaires sociales et de l'Intérieur, a annoncé pour sa part Atef Majdalani, exprimant sa volonté d'apporter toute l'aide possible aux déplacés.
S'exprimant au nom de la délégation, le député grec-orthodoxe de Beyrouth a condamné « les crimes odieux contre l'humanité » commis par « des groupes terroristes » contre les chrétiens d'Irak. « Nous rejetons ces pratiques, et il est de notre devoir de les exposer et d'en dévoiler les objectifs, dont la volonté de torpiller le pluralisme dans la région, une spécificité de notre région, et surtout en Syrie, en Irak, au Liban et en Palestine », a noté M. Majdalani. « Ces actes sont menés dans le but de justifier les actes criminels commis par les régimes dictatoriaux, que ce soit en Irak ou en Syrie. Plus encore, il y a la volonté de justifier la revendication par Israël de l'édification d'un État juif ethnique en Palestine occupée, a-t-il souligné. C'est pourquoi nous réclamons la protection des chrétiens et appelons la Ligue arabe à prendre une position claire et sincère, et à œuvrer pour la protection des chrétiens et la fin des pratiques criminelles menées par les groupes terroristes. Nous appelons également la communauté internationale d'Est en Ouest, de la Chine aux États-Unis, à protéger les chrétiens », a ajouté Atef Majdalani.
La délégation du Futur a ensuite été reçue à Beyrouth par l'évêque syriaque-orthodoxe de la capitale, Mgr Daniel Kourié. Les participants à la réunion ont estimé, durant la réunion, que « le danger de Daech ne menace pas seulement l'Irak, mais aussi tous ceux qui ne pensent pas comme » ce groupe terroriste.
Il a également été question de la volonté affichée par la France de recevoir les réfugiés irakiens. « Nous avons peur d'une opération de transfert de population qui viserait les chrétiens de la région », ont-ils indiqué, dans l'objectif de « vider l'Orient de ses chrétiens à des fins hypocrites et sournoises qui serviraient Israël ».
Il convient de signaler que des réactions similaires à la proposition française ont émané hier du patriarcat grec-orthodoxe et du patriarche grec-catholique, Mgr Grégoire Lahham.
Dans un communiqué adressé à l'Occident, le patriarcat grec-orthodoxe a appelé à mettre fin au terrorisme dans la région et à instaurer un climat de paix par le dialogue, plutôt que de proposer aux chrétiens de la région de s'exiler.
« Nous refusons que nous soit imposée, de l'extérieur, la logique minoritaire », souligne le communiqué du patriarcat.
Signalons enfin qu'à l'initiative de l'ancien Premier ministre Saad Hariri, la Future TV a appelé la semaine prochaine à une rencontre de solidarité de l'ensemble de la presse écrite et des médias audiovisuels dans les locaux de la chaîne avec les chrétiens de Mossoul.


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