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Moyen Orient et Monde - Conflit

Crash en Ukraine : Washington accuse la Russie d’être impliquée dans le drame

Les séparatistes enlèvent les corps ; Poutine risque l'isolement diplomatique.

Les experts internationaux devant identifier les quelque 300 passagers du vol MH17 arriveraient aujourd’hui sur le site de la catastrophe. Maxim Zmeyev/Reuters

La colère gronde dans le monde contre les séparatistes prorusses qui se sont précipités pour enlever les corps de victimes du site où s'est écrasé le Boeing 777 qui assurait la liaison Amsterdam-Kuala Lumpur avec 298 personnes à bord.
Sur les lieux du drame gardés par les rebelles armés qui en empêchent l'accès depuis trois jours, les corps avaient en effet disparu hier matin. Quelques heures plus tard, un chef rebelle, Alexandre Borodaï, a expliqué que ce déplacement des dépouilles mortelles avait pour but de les protéger de la chaleur et des animaux sauvages. « 156 corps ont été déplacés à Torez (une ville proche du site du crash) dans des wagons réfrigérés » et « ils ne vont nulle part, ils restent à Torez en attendant que les experts arrivent », a-t-il ajouté sans donner de renseignements sur les autres corps. Un journaliste de l'AFP a constaté hier après-midi que le convoi comprenant cinq wagons réfrigérés sans fenêtres stationnait à Torez, le moteur de la locomotive tournant pour alimenter le système de refroidissement. Aucune garde n'était visible aux alentours.

« Lockerbie ukrainien »
Hier, un dirigeant séparatiste a conditionné le travail d'experts internationaux sur le site à un cessez-le-feu conclu entre les autorités de Kiev et la république séparatiste de Donetsk autoproclamée (DNR). Cet appel risque de ne pas être suivi d'effet, le président ukrainien Petro Porochenko ayant demandé la veille à plusieurs dirigeants occidentaux de reconnaître la DNR comme « organisation terroriste ». « Nous ne voyons pas de différence entre les événements en Ukraine et le 11-Septembre aux États-Unis ou la tragédie de Lockerbie » lorsqu'un avion assurant la liaison Londres-New York explosa en vol et causa la mort de 270 personnes en 1988, un attentat dont a été accusée la Libye de Mouammar Kadhafi, a-t-il souligné dans un entretien téléphonique avec le président Hollande. Il a assuré disposer de « preuves irréfutables » de la responsabilité des rebelles dans le drame, dont des images satellitaires.
Un des chefs des insurgés, Alexandre Borodaï, a déclaré hier qu'ils avaient trouvé « certains matériels qui pourraient être les boîtes noires » et a dit être prêt à les remettre aux experts internationaux, qui doivent par ailleurs arriver sur les lieux de la tragédie aujourd'hui.
Parallèlement, le secrétaire d'État américain John Kerry a pour sa part déclaré hier qu'il existait « des preuves circonstancielles extraordinaires » de la responsabilité de la Russie et des séparatistes prorusses sans toutefois les accuser directement d'avoir lancé le missile qui a touché l'avion de Malaysian Airlines. John Kerry a dénoncé une situation « grotesque » en citant les cas « de soldats séparatistes en état d'ébriété empilant des corps dans des camions, soustrayant des corps et des indices du site ». « La Russie se doit de faire quelque chose », a-t-il plaidé en parlant « d'un moment de vérité » pour Vladimir Poutine.
Dans un entretien téléphonique avec Angela Merkel, le président Porochenko a aussi dénoncé des cas « de pillage et de vol de cartes de crédit » que la chancelière allemande a jugés « inacceptables », selon la présidence ukrainienne. Mme Merkel, le président français François Hollande et le Premier ministre britannique David Cameron ont exigé auprès de Vladimir Poutine « qu'il obtienne des séparatistes ukrainiens que les secours et les enquêteurs aient enfin libre et total accès à la zone de la catastrophe ». « Si la Russie ne prend pas immédiatement les mesures nécessaires, les conséquences en seront tirées par l'Union européenne à l'occasion du Conseil des Affaires étrangères qui aura lieu demain », mettent-ils en garde. Pour sa part, le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a déclaré que l'avion de ligne malaisien n'avait pas été abattu par des « gorilles ivres », ce genre d'opération demandant l'intervention de professionnels, a rapporté hier la presse allemande.

La Russie « s'en lave les mains » ?
La veille, plusieurs pays ont exprimé leur « indignation » face à la gestion du site, craignant une falsification de preuves. Mark Rutte, Premier ministre des Pays-Bas dont 193 citoyens ont péri dans l'accident, a sommé le président Poutine de « prendre ses responsabilités à l'égard des rebelles » soutenus par Moscou alors qu'un ministre malaisien a dénoncé « une trahison » à l'égard des victimes de la tragédie. De son côté, Tony Abbott, le Premier ministre d'Australie dont 28 ressortissants étaient à bord du MH17, a accusé la Russie de vouloir « s'en laver les mains ». « Mais il leur est impossible de s'en laver les mains alors que quelque chose est arrivé en territoire contrôlé par les Russes, et était provoqué visiblement par des individus soutenus par les Russes, avec vraisemblablement un armement fourni par les Russes. » Il a laissé entendre que Vladimir Poutine ne serait pas le bienvenu au sommet du G20 en Australie en novembre s'il ne coopérait pour favoriser un bon déroulement de l'enquête.
La Russie risque ainsi de faire face à un isolement grandissant après la catastrophe du Boeing malaisien alors que l'opinion publique occidentale se ligue contre le président Poutine, estiment les experts. « Nous observons un choc majeur entre la Russie et l'Occident. L'isolement de la Russie va s'aggraver de manière conséquente », a déclaré Iouli Nisnevitch de l'École des hautes études en sciences économiques à Moscou. Au-delà de la responsabilité de l'un des deux camps, les analystes jugent que le fossé d'incompréhension entre la Russie et l'Occident ne ferait que se creuser. Et s'il s'avérait que l'enquête souligne la responsabilité de Moscou, Vladimir Poutine risque également de faire face à une vague de critiques en Russie, portant un coup à sa popularité pour le moment au plus haut.

(Source : AFP)

La colère gronde dans le monde contre les séparatistes prorusses qui se sont précipités pour enlever les corps de victimes du site où s'est écrasé le Boeing 777 qui assurait la liaison Amsterdam-Kuala Lumpur avec 298 personnes à bord.Sur les lieux du drame gardés par les rebelles armés qui en empêchent l'accès depuis trois jours, les corps avaient en effet disparu hier matin. Quelques heures plus tard, un chef rebelle, Alexandre Borodaï, a expliqué que ce déplacement des dépouilles mortelles avait pour but de les protéger de la chaleur et des animaux sauvages. « 156 corps ont été déplacés à Torez (une ville proche du site du crash) dans des wagons réfrigérés » et « ils ne vont nulle part, ils restent à Torez en attendant que les experts arrivent », a-t-il ajouté sans donner de renseignements sur les...
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