À un barrage situé à 25 km de Donetsk, un séparatiste prorusse monte la garde. Dominique Faget/AFP
Les combats et bombardements aux abords de Lougansk, une ville de près de 500 000 habitants, ont fait au cours des dernières 24 heures un total de douze morts dont un enfant de trois ans, et plus de 60 blessés parmi la population civile, selon le service de presse de la « République populaire de Lougansk » autoproclamée.
L'armée ukrainienne a indiqué avoir perdu six hommes en 24 heures dont deux tués par une salve de roquettes multiples Grad tirée par les rebelles près d'Amvrossiïvka, localité à 70 km à l'est de Donetsk. Hier, onze personnes ont été tuées à Snijné, à 60 km à l'est de Donetsk, par une frappe aérienne attribuée par Moscou aux forces ukrainiennes. Andriy Lysenko, le porte-parole du Conseil de défense nationale et de sécurité ukrainien, a attribué l'attaque à « un avion inconnu » et a parlé de « provocation cynique ». Ces propos ont semblé être une accusation contre la Russie dans la mesure où les rebelles ne font pas usage d'avions dans le conflit.
Dans ce contexte, des observateurs de l'OSCE se rendront aujourd'hui à la frontière russo-ukrainienne, a annoncé hier le ministère des Affaires étrangères russe, qui avait lancé la veille une invitation en ce sens à l'organisation. La mission d'inspection se rendra aux postes de contrôle de Donetsk et de Goukovo. Ces deux zones ont fait l'objet ces dernières semaines de tirs d'artillerie en provenance du territoire ukrainien ayant fait un mort, ce qui a provoqué la colère de Moscou. L'Ukraine a démenti avoir procédé à des tirs en direction du territoire russe et en ont imputé la responsabilité aux rebelles séparatistes de l'est du pays qui tenteraient, d'après Kiev, de précipiter une intervention russe – ce que les insurgés démentent également. L'OSCE a ainsi indiqué hier la possibilité d'utiliser des drones pour surveiller la frontière russo-ukrainienne.
Et concernant l'avion de transport militaire ukrainien abattu lundi au-dessus de la zone rebelle, quatre des huit membres de l'équipage ont été retrouvés et évacués, a indiqué Vladislav Seleznev, porte-parole de l'« opération antiterroriste » ukrainienne. L'incident est survenu peu après une avancée des forces de Kiev près de Lougansk et le déblocage de son aéroport, au prix d'intenses combats. Selon Kiev, deux autres membres d'équipage ont été faits prisonniers par les séparatistes et les forces ukrainiennes « prennent actuellement des mesures pour les libérer », alors que le sort des deux restants demeure inconnu et que les recherches se poursuivent, a ajouté M. Seleznev sur sa page Facebook.
Nouvelles sanctions ?
Face à cette escalade, les Européens ont multiplié les efforts diplomatiques pour organiser une nouvelle ronde de discussions entre un groupe de contacts (Ukraine, Russie, OSCE) et les rebelles après les deux premières tenues fin juin à Donetsk et qui s'étaient soldées par un échec. Cependant, l'incident de l'avion ainsi que les tirs d'obus sur les territoires russes ont rendu le dialogue encore plus difficile. Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne discuteront aujourd'hui de la crise ukrainienne lors de leur sommet à Bruxelles et pourraient adopter de nouvelles sanctions contre la Russie si nécessaire, a annoncé hier le commissaire européen chargé de l'Élargissement.
L'ambassadeur de Grande-Bretagne à Kiev, Simon Smith, a estimé que la Russie n'avait « pas rempli les conditions posées par le Conseil européen le mois dernier » pour éviter les nouvelles sanctions susceptibles d'avoir un fort impact sur son économie. Le numéro deux du Conseil de sécurité nationale et de défense et ex-ministre ukrainien de la Défense, Mikhaïlo Koval, a estimé pour sa part que l'Ukraine était « plus proche que jamais d'une agression d'envergure » de la part de la Russie. Selon lui, les troupes russes sont massées tout le long de la frontière, de Tcherniguiv à Novoazovsk, avec « 22 000 militaires russes en Crimée », péninsule ukrainienne annexée en mars par la Russie. L'Otan a dénoncé à son tour ce renforcement, qu'elle considère comme aggravation de la crise du côté de Moscou.
De Moscou, le président russe Vladimir Poutine, qui a félicité Jean-Claude Juncker après son élection à la présidence de la Commission européenne, a estimé que les relations de la Russie avec l'Union européenne étaient soumises à « rude épreuve », mais qu'elles pouvaient être améliorées.
(Sources : agences)


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