Un soldat ukrainien dans le village déserté de Semenokova, près de Sloviansk. Gleb Garanich/Reuters
Les forces de Kiev étaient à la recherche hier soir des membres d'équipage d'un avion de transport militaire, abattu en zone séparatiste par un missile « probablement » en provenance de Russie.
L'équipage de l'appareil, dont l'épave brisée en plusieurs morceaux a été vue dans un champ proche du village de Davydo-Mykilske, dans la région de Lougansk, a contacté l'état-major ukrainien, a indiqué la présidence ukrainienne dans un communiqué. Toutefois, il n'a pas été dit si tous ses membres ont survécu. De son côté, un des porte-paroles militaires de Kiev, cité par les médias locaux, a admis que deux aviateurs, sur huit qui se trouvaient à bord, avaient été faits prisonniers par les rebelles. Ces derniers, de leur côté, affirmaient avoir fait cinq prisonniers, selon les indications données par le service de presse de la « République populaire de Lougansk ».
Missile air-air
Kiev a jugé rapidement que la Russie était responsable du tir contre son appareil. « Compte tenu du fait que l'avion volait à une altitude de 6 500 mètres, il était impossible qu'il ait été touché par des tirs de missiles sol-air portables, ce qui signifie qu'il a été abattu par un missile d'un autre type, plus puissant, qui a été utilisé, vraisemblablement, à partir du territoire de la Fédération de Russie », selon le communiqué de la présidence. Un porte-parole militaire ukrainien, Andriï Lyssenko, a estimé qu'il pouvait s'agir soit d'un missile sol-air Pantsir, soit d'un missile autoguidé X-24 air-air qui aurait pu être tiré par un avion russe parti de l'aéroport de Millerovo. De plus, l'incident survient moins de 24 heures après une avancée des forces de Kiev près de Lougansk et le déblocage de son aéroport, au prix d'intenses combats. En effet, endommagé et fermé depuis le 22 avril dernier, cet aéroport était contrôlé par les loyalistes, mais rendu quasiment inaccessible par la présence de séparatistes tout autour. Cette zone apparaissait comme l'un des points importants des défenses des insurgés sur le chemin de Lougansk.
« Dangereuse escalade »
De plus, des affrontements continuaient hier matin, a affirmé le service de presse de la « République populaire de Lougansk », touchant les villages tout autour de Lougansk, ce qui reflète la manœuvre d'encerclement effectuée par les forces gouvernementales.
De son côté, le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué hier avoir invité des observateurs de l'Osce (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) à se rendre à la frontière russo-ukrainienne. Enfin, l'Otan a pour sa part dénoncé hier le « renforcement » des troupes russes à la frontière avec l'Ukraine, qui constitue un « pas en arrière dans la désescalade ». « Depuis la mi-juin, nous avons des preuves de l'arrivée progressive de milliers de soldats russes près de la frontière avec l'Ukraine », a déclaré un responsable de l'Alliance.
(Sources : AFP)

