Le secrétaire d'État américain John Kerry n'a pas ménagé ses efforts hier à Kaboul pour favoriser un compromis entre les deux candidats à la présidence en Afghanistan, Abdullah Abdullah et Ashraf Ghani, qui se disputent la victoire, afin d'éviter que la crise électorale ne se transforme en chaos politique.
L'objectif est de parvenir à un compromis sur le nombre de votes potentiellement frauduleux à réexaminer, après la proclamation des résultats provisoires donnant M. Ghani largement vainqueur (56,4 %). Alors que M. Kerry rencontrait tour à tour MM. Abdullah et Ghani, l'Unama a proposé un compromis avec 8 050 bureaux de vote, soit 3,5 millions de voix, qui a été accepté par l'équipe de
M. Ghani. Le camp de M. Abdullah, qui réclame un audit allant jusqu'à 11 000 bureaux de vote, a estimé qu'il était « incomplet », s'attirant les critiques du camp Ghani. L'audit à venir, si la proposition de l'Unama est retenue, pourrait examiner par exemple les bureaux de vote qui ont reçu plus de 595 voix, ou bien ceux qui ont été tenus par des hommes alors qu'ils étaient réservés aux femmes. Mais dans beaucoup d'autres cas la fraude est difficile à détecter. Un tel examen des suffrages prendrait deux semaines, selon l'Onu, alors que le temps presse pour respecter le calendrier électoral qui prévoit l'investiture du nouveau président le 2 août.
Washington a dit attendre un examen minutieux des soupçons de fraude et a averti qu'il n'accepterait pas la formation d'un « gouvernement parallèle » par le perdant. Ce dernier scénario pourrait raviver les tensions communautaires (M. Abdullah est originaire du Nord, M. Ghani du Sud) dans un pays encore fragile et toujours en proie à une insurrection active des talibans. L'administration Obama veut également que Kaboul signe rapidement un traité bilatéral de sécurité (BSA) prévoyant le maintien en Afghanistan de 9 800 soldats américains, contre 32 000 actuellement. M. Karzaï a refusé de le parapher, et MM. Abdullah et Ghani se sont engagés à le faire s'ils étaient élus. Ce qui suppose d'abord que la crise électorale soit réglée.
(Source : AFP)
Moyen Orient et Monde - Afghanistan / Présidentielle
À Kaboul, Kerry essaie d’éviter le chaos politique
OLJ / le 12 juillet 2014 à 00h00

