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Moyen Orient et Monde - Présidentielle Afghane

Abdullah se dit vainqueur, la crise politique s’aggrave

Le candidat à la présidentielle Abdullah Abdullah dénonce depuis le début du scrutin des fraudes massives dans plusieurs milliers de bureaux de vote. Omar Sobhani/Reuters

Abdullah Abdullah s'est déclaré hier vainqueur de la présidentielle afghane, rejetant en bloc l'avance de son rival Ashraf Ghani, au risque de déclencher une nouvelle période d'instabilité, voire des tensions ethniques.
M. Abdullah est arrivé loin derrière M. Ghani (43,5 % des voix contre 56,4 %), selon les résultats provisoires du deuxième tour du 14 juin annoncés lundi soir par la commission électorale indépendante (IEC). Le candidat a refusé de reconnaître les derniers résultats, faussés selon lui par des fraudes massives en faveur de son adversaire. Il a donc enfoncé le clou en se proclamant vainqueur devant plusieurs milliers de ses partisans à Kaboul dans la vaste salle abritant habituellement la Loya Jirga (grande assemblée traditionnelle afghane). Face à l'offensive de son adversaire, M. Ghani a réagi plutôt calmement hier soir lors d'une conférence de presse à Kaboul, en se disant opposé à « toute action unilatérale et contraire à la loi ». Par ailleurs, le candidat a assuré que les voix qu'il avait recueillies étaient « honnêtes ». Pour montrer sa bonne foi, il a expliqué qu'il avait donné son accord pour que 7 100 bureaux de vote, soit trois millions de voix, fassent l'objet d'un examen pour y déceler d'éventuelles fraudes.
Mais M. Abdullah a réclamé un audit incluant jusqu'à 11 000 bureaux de vote, selon son entourage. Lors de la précédente présidentielle en 2009, M. Abdullah avait jeté l'éponge avant le second tour en dénonçant, déjà, des fraudes en faveur du président Hamid Karzaï, qui fut ainsi réélu. Conscient d'attiser les tensions chez ses partisans, il s'est toutefois efforcé de rassurer la communauté internationale, inquiète de la tournure des événements. « Nous voulons l'unité nationale et la dignité de l'Afghanistan. Nous ne voulons pas la guerre civile », a-t-il assuré.

Appel à la « retenue »
Les États-Unis, principal bailleur de fonds et soutien militaire de l'Afghanistan depuis 2001, ont été prompts à réagir face à la montée des tensions dans le pays. Le secrétaire d'État américain John Kerry a ainsi mis en garde contre toute tentative de prendre illégalement le pouvoir en Afghanistan, menaçant de couper les vivres au pays, et contre toute formation d'un « gouvernement parallèle », option évoquée dans les rangs de M. Abdullah. Ce dernier s'est d'ailleurs bien gardé d'aller dans ce sens hier, en demandant à ses partisans de lui laisser « du temps » pour prendre des décisions dans les jours à venir. M. Abdullah a également affirmé avoir parlé par téléphone hier au président américain Barack Obama et à John Kerry, signe d'une forte préoccupation de Washington quant à l'issue incertaine du processus. M. Abdullah a ajouté que M. Kerry serait à Kaboul vendredi.
Dans ce contexte, seize personnes, dont quatre soldats tchèques de l'Otan, ont été tuées hier dans une attaque-suicide revendiquée par les talibans contre la force internationale dans l'est afghan, selon l'Otan, l'armée tchèque et des autorités locales.

(Source : AFP)

Abdullah Abdullah s'est déclaré hier vainqueur de la présidentielle afghane, rejetant en bloc l'avance de son rival Ashraf Ghani, au risque de déclencher une nouvelle période d'instabilité, voire des tensions ethniques.M. Abdullah est arrivé loin derrière M. Ghani (43,5 % des voix contre 56,4 %), selon les résultats provisoires du deuxième tour du 14 juin annoncés lundi soir par la commission électorale indépendante (IEC). Le candidat a refusé de reconnaître les derniers résultats, faussés selon lui par des fraudes massives en faveur de son adversaire. Il a donc enfoncé le clou en se proclamant vainqueur devant plusieurs milliers de ses partisans à Kaboul dans la vaste salle abritant habituellement la Loya Jirga (grande assemblée traditionnelle afghane). Face à l'offensive de son adversaire, M. Ghani a réagi...
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