Ashraf Ghani, le candidat arrivé en tête après les résultats préliminaires de l’élection présidentielle en Afghanistan.Wakil Kohsar / AFP
L'économiste Ashraf Ghani devance largement son rival Abdullah Abdullah avec 56,4 % des voix au second tour de la présidentielle afghane, selon les résultats provisoires publiés hier par la commission électorale.
Cette annonce, plusieurs fois retardée, n'a pas dissipé la confusion qui règne autour du scrutin que M. Abdullah, arrivé largement en tête à l'issue du premier tour, refuse de reconnaître sans un examen plus approfondi des fraudes qui risquent, selon lui, de lui voler la victoire. Les chiffres annoncés ne sont pas « définitifs », a prévenu le président de la commission électorale indépendante (IEC), Ahmad Yusuf Nuristani, en rendant publics les résultats. « Cela ne désigne pas le gagnant » de l'élection, car il reste l'étape de l'examen des plaintes à propos du scrutin, qui doit être mené par la commission des plaintes (ECC), a-t-il ajouté, sans préciser combien de votes pouvaient être concernés. En effet, selon l'IEC, plus de 8 millions de votes ont été enregistrés lors du 2e tour du 14 juin, sur un total de 13,5 millions d'électeurs, soit beaucoup plus qu'au premier tour où ils étaient environ 6 millions. Ce total, bien supérieur à ce qui était anticipé, pourrait nourrir des accusations de fraudes massives dans le camp de M. Abdullah, dont on attendait la réaction. D'autant plus que M. Nuristani a reconnu la présence de fraude dans le scrutin. « L'IEC admet qu'en dépit des meilleurs efforts pour une élection meilleure, il y a eu des erreurs techniques et des lacunes dans le processus », a-t-il déclaré. « Nous ne pouvons pas nier la fraude et les violations du processus, dans certains cas, des forces de sécurité ont été impliquées, dans d'autres cas de hauts responsables du gouvernement comme des gouverneurs ou des personnes de niveau moins élevé », a-t-il ajouté. M. Nuristani a ajouté que 62,3 % des votants au second tour avaient été des hommes, et 37,6 % des femmes.
L'annonce des résultats est intervenue avec cinq heures de retard, après que les responsables de l'IEC eurent passé une partie de l'après-midi d'hier « en réunion à huis clos ». Des discussions ont également eu lieu dans le même temps entre les deux camps, sous la houlette de la mission des Nations unies en Afghanistan (Unama). La publication des résultats, initialement prévue le 2 juillet, avait été reportée de cinq jours afin de permettre de vérifier les chiffres dans 1930 bureaux de vote, où des soupçons de fraude ont été signalés.
Certains observateurs, dont l'ONU, craignent qu'une impasse politique ne dégénère en tensions, voire en violences communautaires, au moment délicat où les troupes de l'Otan se préparent à quitter le pays en fin d'année.
De leur côté, les États-Unis ont réclamé hier un examen « complet et approfondi » des accusations de fraudes et ont appelé les deux candidats à coopérer à l'enquête.
(Source : AFP)

