À Donestk, des Ukrainiens prorusses manifestant contre l’action des forces de Kiev à Slaviansk. Maxim Zmeyev/Reuters
L'armée ukrainienne poursuivait hier sa marche sur Donetsk, où les rebelles prorusses ont rassemblé leurs partisans place Lénine, alors qu'à Slaviansk, reprise samedi, la vie revenait lentement à la normale, avec notamment des distributions de pain.
La reconquête samedi de Slaviansk et de Kramatorsk, deux places fortes des insurgés, constitue le premier succès important remporté sur le terrain par l'armée ukrainienne. D'ailleurs, le président Petro Porochenko a clairement indiqué que l'offensive militaire allait se poursuivre. « Mon ordre reste en vigueur : il faut renforcer l'encerclement des terroristes. Poursuivre l'opération pour libérer les régions de Donetsk et de Lougansk », a-t-il expliqué dans un message lu samedi soir à la télévision.
« Nous lancerons une guérilla »
À Donetsk, où se sont repliés les rebelles ayant quitté Slaviansk, les séparatistes se préparaient à résister. Plus de 2 000 partisans de la « République populaire de Donetsk » y ont manifesté dans l'après-midi pour proclamer leur intention de défendre la ville. « Nous lancerons une guérilla sur tout le territoire de Donetsk », a déclaré l'ex-« gouverneur populaire » autoproclamé Pavlo Goubarev, monté sur une estrade en compagnie de dix hommes armés de kalachnikovs.
La décision du leader rebelle Igor Strelkov et de ses hommes de quitter Slaviansk était « correcte et même géniale », a-t-il déclaré : « Maintenant, ils (l'armée ukrainienne) vont encercler et attaquer notre Donetsk et son million d'habitants. » De son côté, Igor Strelkov, qui serait, selon Kiev, officier du renseignement militaire russe, a annoncé dans une interview à une télévision russe qu'il allait créer aujourd'hui un « conseil militaire central » pour mieux coordonner la défense.
À Slaviansk, la situation était calme hier et les destructions semblaient limitées à quelques pâtés de maisons, près des bâtiments de la police et des services spéciaux (SBU). La distribution de pain apporté par camion a commencé dans les quartiers, à raison de deux miches par personne. Dans la file d'attente, on pouvait entendre des commentaires divergents sur les derniers événements.
Une retraitée taxait les rebelles de « terroristes » qui « rêvent encore de l'URSS », tandis qu'un homme âgé, Vladimir, reprochait à l'armée d'avoir tiré sur la ville « avec des missiles Grad ». « Je n'ai pas agi ainsi quand nous avons occupé la Tchécoslovaquie en 1968 », s'irritait l'ancien militaire.
Diplomatie oubliée
Sur le plan diplomatique, la réunion du groupe de contact, qui en principe aurait dû avoir lieu samedi, paraissait oubliée à Kiev. Formellement, la rencontre de ce groupe, réunissant des représentants de l'Ukraine, de la Russie, de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) et des rebelles, a achoppé sur des divergences quant à un lieu acceptable pour tous. Sans se décourager, la Russie a continué à œuvrer pour qu'elle se déroule, y compris après la chute de Slaviansk.
Son chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, s'en est entretenu samedi au téléphone avec ses homologues allemand et français, insistant sur l'urgence d'une telle réunion, accrue du fait de l'opération militaire ukrainienne, pour remettre en place un cessez-le-feu.
Il a obtenu l'appui de ses interlocuteurs, selon un communiqué de la diplomatie russe, ce que le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a confirmé en substance dans une interview au Journal du dimanche, tout en réaffirmant la nécessite de permettre à l'Ukraine de contrôler sa frontière.
(Source : AFP)
« Nous lancerons une guérilla »À Donetsk, où se sont repliés...

