Le ministre Abou Faour au cours de sa conférence de presse au ministère : « Une mesure réformatrice par excellence. » Photo Dalati et Nohra
Le ministre de la Santé Waël Abou Faour a annoncé hier le lancement d'un nouveau mécanisme de vérification des factures relatives au traitement des patients couverts par le ministère, que lui envoient les hôpitaux ayant signé un contrat avec lui. Ce nouveau système est « électronique », a-t-il précisé, et il pourra détecter automatiquement « les factures surévaluées » au besoin.
« Ce système est une réforme dans tous les sens du terme, a précisé le ministre au cours d'une conférence de presse au ministère. Personne ne pourra plus intervenir dans l'affaire des factures, et le favoritisme n'aura plus aucun rôle à jouer. Nous espérons que sa mise en application mettra un terme au gaspillage dans la facture de santé, qui s'élève à 420 milliards de livres par an. »
Et le ministre d'ajouter : « Dans le passé, le ministère n'était capable de vérifier que dix pour cent des factures envoyées par les hôpitaux, choisissant un échantillon au hasard – ce n'était parfois pas un hasard étant donné l'intervention potentielle du clientélisme dans ce choix. L'importance du nouveau système réside dans sa capacité à détecter toute surévaluation, quelle qu'elle soit, dans l'intégralité des factures envoyées au ministère. Il contribuera donc à réduire de manière significative le gaspillage et les abus. »
M. Abou Faour a mis les hôpitaux en garde contre « toute tentative de contourner ce système ». « Nous entrons dans une nouvelle ère, a-t-il poursuivi. Toute surévaluation dans les factures qui atteindra les limites du gaspillage ou du vol nous conduira à traiter avec l'hôpital en question sur base de ce que nous aurons découvert. » En d'autres termes, a-t-il précisé, si un hôpital présente, à titre d'exemple, une facture surévaluée de 70 %, le restant des factures présentées par le même hôpital seront remboursées sur base de cette constatation, c'est-à-dire à hauteur de 30 % seulement. Le ministre a ajouté que des mesures seront prises dans ces cas, et qu'une classification des hôpitaux sera réalisée suite aux résultats de la vérification des factures.
M. Abou Faour a insisté sur le fait qu'il n'accepterait pas que les hôpitaux concernés aient recours à lui pour une quelconque intervention, priant ceux-ci de ne pas le mettre dans une situation où il serait obligé de prendre « des décisions difficiles ». « Cette mesure n'est en aucun cas dirigée contre les hôpitaux, elle vise au contraire à les encourager à réformer leur propre système, et à adopter des critères plus humanistes, sans profiter de la souffrance des patients », a-t-il ajouté.
Enfin, le ministre a exprimé l'espoir que « ce nouveau système permettra d'établir une relation plus transparente entre le ministère et les hôpitaux, et qu'il réduira le gaspillage, la corruption et, par le fait même, la facture de santé ».


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