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Moyen Orient et Monde - Chine / Armée

Xi entend bien mettre les généraux au pas

Le président chinois Xi Jinping. Mark Ralston/AFP

En excluant des rangs du Parti communiste chinois (PCC) un général qui s'était hissé jusqu'aux plus hautes sphères du pouvoir, le président Xi Jinping entend réaffirmer le contrôle des politiques sur des militaires souvent tentés par l'affairisme.
Accusé d'avoir abusé de sa position pour favoriser certains proches et d'avoir touché des pots-de-vin, le général Xu Caihou a été banni du PCC, une mesure extrême en Chine, et son dossier a été transmis au bureau du procureur militaire. Or, Xu était jusqu'à l'année dernière vice-président de la Commission militaire centrale du PCC, l'organe dirigeant de l'armée, et faisait partie jusqu'en 2012 de l'une des plus hautes instances dirigeantes du pays, le Bureau politique du PCC, composé de 25 membres. L'officier supérieur, âgé de 71 ans, serait ainsi le plus haut gradé chinois à être traduit en justice depuis des décennies. Il est d'ores et déjà le responsable le plus élevé dans la hiérarchie communiste à connaître une disgrâce officielle dans le cadre de la campagne anticorruption lancée en 2012 par Pékin.
Pour les analystes, les poursuites engagées contre le général Xu, selon des médias hongkongais, visent à envoyer un message fort aux responsables de l'Armée populaire de libération (APL). Les accusations portent sur des pots-de-vin destinés à « acheter » des fonctions militaires, « ce qui interpelle directement la loyauté de l'APL vis-à-vis du parti et son rôle de garant du régime », a observé Christopher Johnson, chercheur du centre d'études CSIS à Washington. L'exclusion du général « fait définitivement voler en éclats l'idée que Xi (également numéro un du PCC) ne contrôlerait pas complètement le parti et son armée », a-t-il ajouté. Xi Jinping a d'ailleurs présidé en personne la réunion où a été prise la décision d'exclure Xu Caihou, selon l'agence officielle Chine nouvelle.

119,5 milliards de dollars
Dotée de la plus grande armée du monde en effectifs et soucieuse de moderniser son arsenal, la Chine possède le deuxième budget de défense le plus élevé de la planète après celui des États-Unis. Officiellement de 119,5 milliards de dollars en 2013, en hausse de 11 % sur un an, il dépasserait en réalité les 145 milliards, selon le Pentagone. L'APL tient le devant de la scène régionale depuis plus d'un an en raison des tensions territoriales maritimes de la Chine avec ses voisins, Japon et Vietnam principalement. De l'avis des experts, l'envolée des moyens dévolus à l'armée y a alimenté les opportunités de corruption. Beaucoup d'officiers sont depuis des décennies engagés dans des activités commerciales grâce à la reconversion d'anciennes entreprises militaires dans des activités civiles.
« Après son retour aux manettes (en 1978), Deng Xiaoping avait ordonné (aux officiers-hommes d'affaires) : soit vous retirez l'armée des affaires économiques, soit vous quittez l'armée », rappelle Brad Glosserman, directeur du Pacific Forum du CSIS et expert sur la sécurité en Asie. Mais « cet enchevêtrement était compliqué à défaire et a été source de multiples problèmes. Aux yeux de beaucoup, c'est tout bonnement un système étendu de corruption (...) et la confusion des intérêts affaiblit les capacités de l'APL », a-t-il relevé.
Fils d'un révolutionnaire chinois de la première heure, Xi Jinping a sans doute davantage de crédit auprès des militaires que son prédécesseur Hu Jintao. L'exclusion du général Xu montre le souci de Xi de conforter son emprise sur l'appareil militaire, tout en lançant un avertissement à tous ceux susceptibles de contester son pouvoir.
(Source : AFP)

En excluant des rangs du Parti communiste chinois (PCC) un général qui s'était hissé jusqu'aux plus hautes sphères du pouvoir, le président Xi Jinping entend réaffirmer le contrôle des politiques sur des militaires souvent tentés par l'affairisme.Accusé d'avoir abusé de sa position pour favoriser certains proches et d'avoir touché des pots-de-vin, le général Xu Caihou a été banni du PCC, une mesure extrême en Chine, et son dossier a été transmis au bureau du procureur militaire. Or, Xu était jusqu'à l'année dernière vice-président de la Commission militaire centrale du PCC, l'organe dirigeant de l'armée, et faisait partie jusqu'en 2012 de l'une des plus hautes instances dirigeantes du pays, le Bureau politique du PCC, composé de 25 membres. L'officier supérieur, âgé de 71 ans, serait ainsi le plus haut gradé...
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