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Moyen Orient et Monde - Ukraine

Moscou et Européens poussent Kiev à prolonger la trêve

Poutine et Prochenko vont travailler sur « un cessez-le-feu bilatéral » et sur un mécanisme de contrôle de la frontière.

À Donetsk, une femme vient ajouter la photo d’Anatoli Klian, un cameraman russe tué par balle, aux photos de deux autres journalistes russes tués lors d’affrontements dans l’Est. John Macdougall/AFP

Moscou et les Européens représentés par Berlin et Paris, ont cherché hier à pousser Kiev à prolonger le cessez-le feu dans l'Est séparatiste.
À l'occasion de nouvelles négociations téléphoniques à quatre, Vladimir Poutine a appelé hier à une reconduction du cessez-le-feu, tandis que, selon la présidence française, le président russe et son homologue ukrainien Petro Porochenko ont accepté de travailler sur « un cessez-le-feu bilatéral entre les autorités ukrainiennes et les séparatistes ». Près de trois heures après la fin de cet entretien, Kiev gardait le silence sur ce point crucial. Un bref communiqué de la présidence a annoncé que M. Porochenko avait informé ses interlocuteurs sur la situation dans les régions rebelles de Donetsk et de Lougansk, et souligné que « malheureusement, les points d'accord atteints lors de l'entretien précédent à quatre n'ont pas été respectés ».
Ainsi le président ukrainien a réservé sa réponse sur cette décision qui risquerait de mécontenter l'opinion publique. En effet, M. Porochenko se trouve confronté à la fois aux pressions russes et occidentales et à une opinion publique paraissant favorable à la reprise des opérations militaires contre les séparatistes et convaincue que la suspension des combats permet à ces derniers de recevoir de nouveaux renforts de Russie. Pour satisfaire cette dernière, il devrait pouvoir présenter des perspectives réalistes de la fin rapide du conflit au cours duquel les Ukrainiens se sont sentis humiliés par des séparatistes prorusses bien armés et entraînés.
Les entretiens d'hier semblent avoir apporté quelques progrès sur ce plan, mais qui demandent encore à être concrétisés. Ainsi, selon Paris, les présidents russe et ukrainien sont également convenus de travailler à l'« instauration rapide, avec l'OSCE, d'un mécanisme effectif de contrôle de la frontière » et la « poursuite des libérations d'otages et de prisonniers des deux côtés, sur la base des listes de noms établies ». Selon un porte-parole d'Angela Merkel, le président Poutine s'est dit prêt à « autoriser l'accès de gardes-frontières ukrainiens sur le territoire russe », une indication confirmée par le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Cela risque d'apparaître insuffisant aux Ukrainiens qui voudraient reprendre rapidement manu militari la maîtrise complète de leur frontière.
Le « groupe de contact », qui compte un ex-président ukrainien, l'ambassadeur de Russie à Kiev et des membres de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), devait se réunir en soirée « pour trouver un accord sur la mise en œuvre de ces différents points ».
Par ailleurs, l'ensemble des « dirigeants se sont prononcés pour l'organisation urgente d'une troisième série de consultations entre les représentants de Kiev » et les insurgés, selon un communiqué du Kremlin. Un leader séparatiste de Donetsk, Andriï Pourhine, a déclaré à l'agence de presse russe Interfax que de tels entretiens pourraient se dérouler dès aujourd'hui, d'abord pour échanger des listes de prisonniers. Selon lui, les forces de Kiev détiendraient « plus de 190 » militants séparatistes.

« Saboteurs »
Le cessez-le-feu, décrété par Kiev il y a dix jours et accepté ensuite par les rebelles, a été violé à plusieurs reprises au cours de combats sporadiques. Hier, au moment où s'engageaient les entretiens téléphoniques au sommet, et à quelques heures de l'expiration du cessez-le-feu, Kiev a annoncé l'arrestation de cinq « saboteurs » qui s'apprêtaient à faire sauter un train transportant du matériel militaire, dans la région de Kharkiv. Les hommes, tous des Ukrainiens habitant à Kharkiv, ont été pris en flagrant délit, a indiqué un porte-parole local du SBU, services spéciaux ukrainiens, Vladyslav Abdoula. Ils œuvraient « sous les ordres directs » d'un chef local séparatiste connu, Igor Bezler, dit Bies (démon en ukrainien), de la région de Donetsk, plus précisément de la ville de Gorlovka. Selon le SBU, Bezler avait été identifié comme citoyen russe ayant subi une formation militaire dans une unité de renseignements.
Parallèlement, Anatoli Klian, cameraman de 68 ans travaillant pour la première chaîne de la télévision publique russe, a été tué par balles dans l'est de l'Ukraine, a annoncé hier son employeur, qui a mis en cause les forces ukrainiennes. Il est le troisième journaliste russe tué depuis le début du conflit.

(Source : AFP)

Moscou et les Européens représentés par Berlin et Paris, ont cherché hier à pousser Kiev à prolonger le cessez-le feu dans l'Est séparatiste.À l'occasion de nouvelles négociations téléphoniques à quatre, Vladimir Poutine a appelé hier à une reconduction du cessez-le-feu, tandis que, selon la présidence française, le président russe et son homologue ukrainien Petro Porochenko ont accepté de travailler sur « un cessez-le-feu bilatéral entre les autorités ukrainiennes et les séparatistes ». Près de trois heures après la fin de cet entretien, Kiev gardait le silence sur ce point crucial. Un bref communiqué de la présidence a annoncé que M. Porochenko avait informé ses interlocuteurs sur la situation dans les régions rebelles de Donetsk et de Lougansk, et souligné que « malheureusement, les points d'accord...
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