L’artiste devant l’une de ses œuvres : une installation toujours d’inspiration naturelle.
Dans l'une des boutiques vides des Souks de Beyrouth*, 41 sérigraphies et lithographies signées Jan Hendrix célèbrent une nature d'un bel épurement, à travers des paysages de dunes, de bosquets, de roseaux bordant un étang, de rochers en pleine mer, d'allées de jardins viennois ou encore de neiges éternelles... Mais aussi parfois de gros plans sur feuillages et branchages, ou encore de variations sérielles de motifs végétaux (plante, arbre, cactus...) déclinés, « décortiqués», sous différents
angles.
Rassemblées sous l'intitulé « Trabajo de campo » (Travaux des champs), ces œuvres au tracé d'une fervente délicatesse, réalisées par Jan Hendrix, entre 1983 et 1997, font l'objet d'une exposition itinérante qui, après avoir traversé plusieurs pays des continents américain et européen, poursuit sa route vers l'Asie en se posant jusqu'au 23 juillet à Beyrouth.
L'accrochage, présenté conjointement par les ambassades du Mexique et des Pays-Bas, en collaboration avec Solidere, offre une belle introduction à l'univers de cet artiste néerlando-mexicain, qui a érigé son travail en éloge de la nature. Quasi exclusivement inspiré des paysages et des formes naturelles, son art se caractérise par un esthétisme d'une grande finesse allié à une maîtrise technique d'une belle rigueur.
Nature voyageuse
Né en 1949 aux Pays-Bas, dans une famille de fermiers, Jan Hendrix montre, tout jeune, une inclinaison exclusive pour les disciplines artistiques, dont il ne manquait aucune classe, contrairement aux autres matières. À dix-sept ans, il s'inscrit à l'académie Den Bosh Royal Art, mais en est rapidement expulsé pour son esprit rebelle. En 1975, il obtient une bourse du ministère de la Culture pour aller étudier les paysages du Mexique. C'est le grand tournant de sa vie. Trois ans plus tard, il s'y installe définitivement.
Se démarquant par son originalité et ses capacités créatives dans différentes techniques et expressions artistiques, dessin, photographie, peinture, gravure, sculpture, livre d'artiste, installation ou encore œuvres monumentales, Jan Hendrix compose ses œuvres à partir de photographies prises au cours de ses voyages. D'ailleurs, on retrouve dans les sérigraphies et lithographies présentées à Beyrouth comme des résurgences de paysages mexicains, égyptiens, australiens, polaires ou encore chinois (notamment une précieuse sérigraphie sur papier or et sur papier intitulée Pékin, représentant un arbre noueux, aux branchages enchevêtrés hautement évocateurs des craquelures typiques des porcelaines chinoises). Mais aussi une sereine contemplation des infimes variations de la lumière dans une belle sérigraphie sur papier faisant jouer les feuillages d'un arbre sur un fond de tonalités claires-obscures.
Considéré, aujourd'hui, comme l'un des représentants de l'art mexicain contemporain, Jan Hendrix – qui est titulaire de l'ordre de l'Aigle aztèque – bénéficie d'une belle reconnaissance au niveau
international.
Outre ses œuvres dans des collections privées et publiques, il a également exposé dans plusieurs musées à travers le monde, dont le Musée Tropen à Amsterdam ; le Musée de l'art moderne en Irlande et au Mexique ; l'Académie royale des beaux-arts de San Fernando, à Madrid, ou encore les Archives de la Cité impériale en Chine... Bref un artiste à découvrir !
*Souks de Beyrouth, galerie des joailliers. Horaires d'ouverture : du mardi au samedi, de 10h à 18h.

