Rechercher
Rechercher

Culture - Cimaises

Géométrie sur terre et dans l’espace

Un aller-retour Beyrouth-New York à travers le travail de trois artistes contemporains qui, à leur manière, ont su traduire l'urbain dans cette exposition présentée à l'espace « twentytwentyone » *.

Les objets de Peben flottent tout comme ce drapeau américain.

Des couleurs, de la flamboyance, de la créativité et surtout des images de villes revisitées par un autre regard, voilà ce qu'offrent à voir les artistes Éric Peyret et Peben, ainsi qu'un collectif d'artistes appelé URNewyork.
Il y a d'abord le regard méticuleux et hyperréaliste d'Éric Peyret qui décrypte, comme à la loupe, les petits détails de la ville. Peyret (Institut supérieur de peinture décorative de Paris) a commencé sa carrière d'artiste avec la réalisation de grandes fresques sur des panneaux muraux en Italie, au Moyen-Orient, en Australie, au Brésil et aux États-Unis.
Depuis 1998, il se consacre à la peinture sur toile. Il élabore des œuvres s'inspirant de ses fresques en se passionnant pour les mégalopoles. Après Hong Kong et New York, après les larges avenues et les grands buildings vus parfois d'hélicoptère, Peyret s'attaque à la capitale libanaise tentant de délimiter un territoire architectural précis. Certains lui reprocheront une certaine déshumanisation, voire une peinture froide ou simplement géométrique mais, au-delà du manque de présence humaine, la toile de Peyret vibre et vit. De Gemmayzé à Raouché, en passant par d'autres quartiers, il a baladé son regard et a sondé le pouls de la ville.

Haut en couleur
Quant à Peben, ce chirurgien dentiste, il invite l'œil à le suivre dans un univers pop, rock. Il s'est amusé également à retranscrire sa propre vision tridimensionnelle d'un monde en mouvement. Trois idées principales sous-tendent sa démarche artistique: la récupération d'objet, l'association d'éléments identiques, ainsi que la suspension dans l'espace. Un concept hérité de l'école warholienne, mais qui évoque également les sculptures d'Arman ou de César. En effet, à leur instar, l'artiste récupère un élément et met en valeur des objets cultes qui témoignent de l'activité humaine du siècle. Mais contrairement à ses prédécesseurs, Peben détourne cet objet de sa principale fonction et lui redonne une autre vie. En modifiant des CD, des boîtes métalliques ou d'autres pièces manufacturées industrielles, en les coloriant ou en les coulant, le chirurgien dentiste accomplit quasiment le même geste que dans son cabinet dentaire. Une modification insuffle une seconde vie à cet élément en question lequel, dans ce processus d'alignement, d'assemblage ou d'appartenance à un groupe, va évoquer la vie sociale des individus et véhiculer des histoires. De plus, la suspension dans l'espace et la transparence du cadre accentuent le temps qui se fige tout en le laissant flotter. Rappelant ainsi, par moments, les montres molles de Dali. Dans sa série d'objets assemblés en drapeaux, cartographie surdimensionnée, Peben fait un clin d'œil au Liban et retrace avec des CD hauts en couleur le relief géographique du pays.
Plus loin dans cet espace nouvellement aménagé, « URnewyork » plante son style. Mike Baca et Fernando Romero sont des « street artists » qui ont joint leurs efforts depuis quelques années pour remettre sur toile leur travail mural. En déconstruisant et reconstruisant, en faisant l'amalgame de toutes les disciplines, photo, collage, peinture et autres formes artistiques, le duo qui s'est rebaptisé « URnewyork » traduit le foisonnement et la vie trépidante de la grande Pomme. «Nous avons passé des années à couvrir les murs des rues et des métros d'une manière illégale. Il était temps que nous joignons nos forces afin de les montrer d'une manière plus créative. » Aujourd'hui, leurs toiles se baladent, voyagent et côtoient, comme dans cette exposition, d'autres travaux contemporains permettant ainsi à l'art de se nourrir du regard des autres et de grandir.

*Galerie twentytwentyone, 238 rue Selim Bustros, Saint-Nicolas. Tél. : 03/777177.

Des couleurs, de la flamboyance, de la créativité et surtout des images de villes revisitées par un autre regard, voilà ce qu'offrent à voir les artistes Éric Peyret et Peben, ainsi qu'un collectif d'artistes appelé URNewyork.Il y a d'abord le regard méticuleux et hyperréaliste d'Éric Peyret qui décrypte, comme à la loupe, les petits détails de la ville. Peyret (Institut supérieur de peinture décorative de Paris) a commencé sa carrière d'artiste avec la réalisation de grandes fresques sur des panneaux muraux en Italie, au Moyen-Orient, en Australie, au Brésil et aux États-Unis.Depuis 1998, il se consacre à la peinture sur toile. Il élabore des œuvres s'inspirant de ses fresques en se passionnant pour les mégalopoles. Après Hong Kong et New York, après les larges avenues et les grands buildings vus parfois...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut