La romancière espagnole Ana Maria Matute, l'une des plus éminents écrivains espagnols de l'après-guerre civile en Espagne, est décédée à 88 ans à Barcelone, a annoncé hier sa maison d'édition, Planeta. Connue et primée pour des romans comme Les soldats pleurent la nuit ou Plaignez les loups (Los hijos muertos), Ana Maria Matute a obtenu le prix Cervantès, la plus haute distinction littéraire espagnole, en 2010. « Je suis heureuse, si heureuse », s'était alors exclamée la romancière, avec un grand sourire qui dissimulait toutefois difficilement un état de santé devenu très fragile.
Née le 26 juillet 1925 à Barcelone, Ana Maria Matute appartient à une génération d'Espagnols dont l'enfance a été marquée par la guerre civile (1936-1939) et la jeunesse par la misère et l'absence de liberté sous la dictature de Francisco Franco (1939-1975). Ces temps douloureux ont laissé des traces dans son œuvre, qui tente de s'évader de la réalité par la magie ou par la vue du monde au travers d'un regard d'enfant.
Auteure précoce, Ana Maria Matute a commencé à écrire à l'âge de 4 ans après avoir failli perdre la vie en raison d'une infection des reins. Depuis, elle a consacré sa vie à la littérature : elle a publié son premier roman, Petit Théâtre, à 17 ans. Avec ce livre, elle obtient le prix Planeta en 1954 qui sera suivi de nombreuses autres récompenses, dont le prix national des Lettres espagnoles en 2007, avant le prix Cervantès en 2010. En 1996, elle fut la troisième femme en 300 ans à entrer à l'Académie royale espagnole des lettres, après l'écrivaine Carmen Conde et l'historienne Carmen Iglesias.
(Source : AFP)

