La comédienne Anne Parillaud, ambassadrice de Junto Box en France.
Tout en émotions, Anne Parillaud parle de cette passion qui l'habite, le cinéma, depuis qu'à l'âge de 21 ans, elle a été propulsée sous les feux des projecteurs par un acteur-réalisateur du nom d'Alain Delon dans le film Pour la peau d'un flic. Le Battant, second opus de Delon, pourrait s'appliquer à elle car cette Nikita (film de Luc Besson) est bel est bien une battante. Pour elle, la vie est un livre, et si les chapitres sont écrits et reliés, il n'empêche qu'elle considère avoir la faculté de tourner les pages tout en s'inspirant des chapitres précédents et aller de l'avant. « J'ai la chance comme tout autre artiste de pouvoir transformer mes douleurs, mes conflits intérieurs et mes questionnements en matière artistique et de les partager avec les autres. »
Anne Parillaud, l'écorchée, se dit frustrée de ne plus pouvoir incarner – bien qu'ayant côtoyé le 7e art international et joué dans la cour des grands (Iron Mask) – un rôle qui réponde à ses aspirations : « Je ne trouve plus un lieu dans ce cinéma où je puisse exister. » « Je suis une comédienne dans le besoin et non dans le plaisir, confie-t-elle encore. J'ai besoin de personnages qui vont défendre les thématiques profondément humaines, notre histoire et notre intériorité. »
La vie en chapitres
Après donc une carrière internationale, des rôles au théâtre (autant drôles que dramatiques), elle se met à l'écriture. « Il fallait, poursuit-elle, soit rentrer dans le système, soit créer les personnages qui me ressemblent. J'ai opté pour la seconde possibilité. Mais cela ne veut pas dire que je refuserai un rôle qui puisse me séduire. Cela dit, je ne suis plus dans l'attente. »
La passion de l'écriture qui la nourrit permet à Anne Parillaud de rejoindre la communauté Junto Box, une société de production indépendante et une plateforme sur le net cofondée par Philippe Caland – c'est d'ailleurs ce dernier qui mettra l'actrice en contact avec Maya de Freige. « Junto Box est le moyen, signale-t-elle, de préserver le cinéma indépendant et de lui éviter de passer par les décisionnaires comme les directeurs de chaînes TV, de majors et de production qui amputent et cloisonnent la création. Ceux-là qui ne sont que des financiers effectuent des calculs de marché alors que la création est une expression humaine à partager avec d'autres humains », dit-elle encore.
« Le processus est tout simple, poursuit l'actrice. Il s'agit d'une idée mise sur le net par des porteurs de projets cinématographiques, qui sera par la suite vue par la communauté de Junto Box et votée par le public. Au fur et à mesure que cette idée gravit les échelons dans la pyramide jusqu'à un comité professionnel, elle se développera en synopsis et en scénario. C'est donc le public le principal décideur. »
Pour Anne Parillaud, le cinéma libanais a grand besoin de cette plateforme. « J'ai rencontré, dit-elle, sept auteurs que Maya de Freige avait sélectionnés dans le cadre du "Beirut Cinema Project", et j'y ai trouvé une certaine violence et une dynamique devenues absentes dans les thèmatiques du cinéma français. Lorsqu'on vit dans un confort moral, la créativité est presque amputée. Là, le Liban a la possibilité de transformer ses plaies en art. Je suis ainsi ravie d'être venue dans ce pays car cette visite repérage m'a permis de brosser le profil d'une société à travers les œuvres de ses artistes. » Et Anne Parillaud de conclure avant de nous quitter : « Le Liban pourrait ainsi, à travers Junto Box, afficher enfin le potentiel énorme de son cinéma et le faire exister à travers le regard des autres. »
Pour mémoire
Semaine festive pour le cinéma libanais
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