Le patriarche, entouré des évêques maronites, célébrant hier à Harissa la clôture des célébrations en hommage au Cœur immaculé de Marie. Photos Émile Eid
Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a consacré ses homélies de fin de semaine à l'exhortation des parties politiques à élire un président de la République. Lors de la messe de clôture de la première commémoration annuelle de la consécration du Moyen-Orient au Cœur immaculé de Marie, qu'il a célébrée hier à la basilique Notre-Dame du Liban à Harissa, le patriarche est revenu sur « la célébration de cette commémoration, par des croyants rassemblés dans ce sanctuaire depuis le 5 juin, et qui s'est achevée sur une marche de prière samedi soir, de Bkerké jusqu'à Harissa ». « Toute la nuit, les prières ont été dédiées au Liban et surtout à l'élection d'un nouveau président de la République », a-t-il précisé. « Le peuple libanais n'accepte plus, en aucune façon, la négligence par les députés de la nation de leur devoir fondamental d'élire un président pour le pays. Le peuple n'accepte plus la violation sans scrupules de la Constitution et du pacte national, et donc de la dignité de la patrie », a-t-il déclaré avec mécontentement. « Nous avons ras le bol de cette pratique politique contraire à toutes les normes de la démocratie, de la Constitution et du pacte national », a-t-il ajouté. « Nous réitérons notre appel à toutes les parties concernées à prendre une initiative courageuse, impartiale et responsable ». « Ce cri est celui des chrétiens et des musulmans, qui s'unissent dans l'amour et l'hommage pour Marie », a-t-il conclu.
Samedi, le patriarche maronite avait célébré une messe à Bkerké, où il avait également insisté sur l'impératif d'élire un nouveau président de la République. « La paix chez nous est de sortir le pays du clivage entre les deux camps du 8 et du 14 Mars, qui plongent le pays dans une situation de conflit ». « Nous nous sommes réjouis de leur participation au gouvernement d'union nationale, mais nous avons ressenti une grande douleur face à leurs divergences sur la présidentielle ». « Cela fait deux semaines que dure la vacance à la magistrature suprême de l'État, qui s'est immédiatement répercutée sur la régulation du travail du gouvernement et du parlement. Et cela sans surprise, puisque tout cela est contraire à la constitution et au pacte national, sachant que les textes sont clairs et ne supportent aucune interprétation discrétionnaire dans l'intérêt d'une personne ou d'une catégorie ». Afin de pallier les enjeux sociaux et sécuritaires, et la défaillance institutionnelle, « nous appelons une nouvelle fois le 8 et le 14 Mars, ainsi que les centristes à écouter la conscience nationale et à assumer leur responsabilité. Celle-ci revêt une portée historique au regard des développements dangereux en Irak et en Syrie ». Appelant à « une initiative courageuse », il a fait part de « la disposition de Bkerké à y contribuer ». « L'entente, la réconciliation et la paix requièrent beaucoup plus de courage que les conflits et les guerres. »
Par ailleurs, il a reçu hier le ministre du Travail, Sejaan Azzi, et le président du Conseil central maronite, Wadih el-Khazen.


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ET NON SEULEMENT DE LA CONSTITUTION ! LES VIOLS AVERSE COMME LA PLUIE !
15 h 58, le 16 juin 2014