Des barrages israéliens ont été établis près des entrées d’Hébron et aucun véhicule n’est autorisé à entrer ou sortir de la plus grande ville palestinienne de Cisjordanie. Menahem Kahana/AFP
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé hier le mouvement palestinien Hamas d'avoir enlevé trois jeunes Israéliens portés disparus depuis 72 heures. « Des terroristes du Hamas ont commis l'enlèvement des trois adolescents israéliens. C'est un fait et ce n'est pas une surprise (...) car le Hamas est voué à la destruction d'Israël », a déclaré M. Netanyahu aux médias étrangers à Tel-Aviv. Il a répété qu'il tenait le président palestinien Mahmoud Abbas pour « responsable de toute attaque émanant d'un territoire sous contrôle palestinien ».
Le secrétaire d'État américain John Kerry a également pointé les « nombreux indices » qui indiquent une implication du mouvement islamiste, considéré par Israël et les États-Unis comme « une organisation terroriste ». L'un des jeunes serait de nationalité américaine, selon les médias israéliens.
Le gouvernement palestinien a répondu, dans un communiqué, qu'il « n'était pas responsable des zones en dehors du contrôle sécuritaire palestinien et qui sont occupées par des dizaines de colonies ».
Réunie à Ramallah, le siège de l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, la direction de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a ainsi rejeté les « fausses accusations » de M. Netanyahu, estimant que la disparition des trois Israéliens n'était qu'« un prétexte pour étendre la colonisation ». Un porte-parole du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a qualifié les accusations du Premier ministre israélien de « stupides ».
Israël n'a cessé de dénoncer l'alliance entre le Hamas et l'OLP depuis la signature de leur accord de réconciliation le 23 avril. Cet accord a donné naissance le 2 juin à un gouvernement d'union palestinien soutenu par le Hamas mais composé de personnalités indépendantes.
2 500 soldats
Selon les médias israéliens, les trois jeunes ont disparu alors qu'ils faisaient de l'auto-stop près du Gush Etzion, un bloc de colonies situé entre les villes palestiniennes de Bethléem et Hébron. Cette région est sous contrôle civil et militaire israélien. Ils ont été identifiés comme Eyal Yifrach, 19 ans, originaire d'Elad, Naftali Frenkel (16 ans) de Nof Ayalon, et Gilad Shaer (16 ans), de la colonie de Talmon, en Cisjordanie occupée. L'armée israélienne a monté une vaste opération de recherches dans la région de Hébron, mobilisant plus de 2 500 soldats, la plus importante depuis des années en Cisjordanie.
« Au cours des dernières 24 heures, nous avons élargi nos opérations et arrêté des dizaines d'activistes du Hamas », a déclaré un porte-parole de l'armée. Parmi les personnes interpellées, figure le député Hassan Youssef, un dirigeant du mouvement islamiste en Cisjordanie et l'un de ses fondateurs. « Nous continuerons à opérer en force dans les prochains jours dans le sud de la Cisjordanie et nous n'épargnerons aucun effort pour ramener les jeunes », a promis le porte-parole militaire.
« Ces arrestations visent à briser notre mouvement mais n'y parviendront pas », a déclaré un porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri.
Les troupes continuaient à patrouiller dans les rues de Hébron, mais la situation y était calme, a constaté un photographe de l'AFP. Des barrages ont été établis près des entrées de la cité et aucun véhicule n'est autorisé à entrer ou sortir de la plus grande ville palestinienne de Cisjordanie. Israël a aussi fermé les deux principaux points de passage entre Israël et la bande de Gaza – Kerem Shalom pour les marchandises et Erez pour les piétons –, sauf pour les cas humanitaires et l'approvisionnement en essence, pour éviter que les trois disparus puissent être transférés à Gaza.
Le ministre de l'Économie Naftali Bennet, chef du parti nationaliste religieux Foyer juif, a déploré la « mollesse » des réactions de la communauté internationale. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a condamné hier l'enlèvement des trois jeunes Israéliens, mais il a aussi regretté la mort d'un garçon de sept ans à Gaza, décédé la veille de ses blessures à la suite d'un raid israélien.
Une prière collective s'est déroulée hier soir au mur des Lamentations à Jérusalem à l'appel du grand rabbinat d'Israël, pour la libération des trois Israéliens.
(Source : AFP)


Il a un peu modéré son langage vis à vis de Mahmoud Abbas , Nathan demande gentiment à ce dernier de l'aider à la libération des apprentis terroristes . Comme quoi ça sert d'être poli avec son subalterne .
14 h 08, le 16 juin 2014