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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

À Genève, Iraniens et Américains discutent nucléaire dans la plus grande discrétion

Il s'agit de la première fois que Téhéran mène des négociations bilatérales officielles avec les USA hors des séances avec le groupe 5+1.

Représentants américains et iraniens se sont retrouvés hier après-midi à Genève pour deux jours de discussions sur le programme nucléaire de Téhéran.
Ces discussions sont nécessaires car les progrès accomplis en la matière se sont avérés « insuffisants » au cours de précédentes réunions, a estimé le département d'État hier. Les États-Unis souhaitent « voir un peu de réalisme » insufflé à ces pourparlers, a ajouté Marie Harf, une porte-parole de la diplomatie américaine.
Les discussions entre les délégations iranienne et américaine ont été « constructives », a déclaré pour sa part Abbas Araghchi, vice-ministre et l'un des principaux négociateurs iraniens, cité par l'agence de presse Isna. « Le dialogue avec les États-Unis s'est déroulé dans un climat positif et a été constructif », a-t-il dit à l'issue de quelque cinq heures de discussions avec les États-Unis. « Beaucoup d'efforts sont nécessaires pour rapprocher les points de vue », avait prévenu M. Araghchi avant la réunion, soulignant l'attente de son pays d'avoir des discussions directes et séparées avec les Américains. Il a exprimé l'espoir d'avancer malgré dix ans de crise sur le programme nucléaire iranien et 35 ans de rupture des relations diplomatiques suite à la prise de l'ambassade américaine de Téhéran.
Il s'agit de la première rencontre officielle entre représentants américains et iraniens hors des séances des négociations avec le groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) sur le dossier nucléaire. Des rencontres officieuses avaient cependant eu lieu à Oman en 2013. La discrétion est de mise et le lieu de la rencontre n'a pas été dévoilé. Les discussions ont eu lieu en présence de la représentante européenne, Mme Helga Schmid, adjointe de la diplomate en chef de l'UE Catherine Ashton.
Après la réunion de Genève, une rencontre avec les représentants russes se tiendra à Rome demain et jeudi. L'Iran aura « probablement » ensuite des discussions bilatérales avec des délégations de la France et de l'Allemagne avant la réunion de Vienne, a indiqué le vice-ministre. Il s'est réjoui de la présence à Genève du sous-secrétaire d'État William Burns, en plus de la négociatrice habituelle, la sous-secrétaire d'État Wendy Sherman. M. Burns, un grand expert du Moyen-Orient, est un des hauts responsables américains les plus familiers avec le dossier iranien.

« Avaler les couleuvres »
L'accord intérimaire de six mois conclu entre l'Iran et les grandes puissances arrive à son terme le 20 juillet. Il devrait en principe déboucher sur un accord permanent si les parties parviennent à s'entendre dans les négociations qu'elles mènent à Vienne et dont une nouvelle session est prévue du 16 au 20 juin. Il peut cependant être prolongé à nouveau de 6 mois, comme l'a rappelé hier M. Araghchi.
Pour l'Iran, les sanctions internationales qui pèsent tant sur son économie sont avant tout le résultat des mesures prises par les États-Unis, et non par les 5+1, et ils espèrent maintenant avancer par des discussions bilatérales. Pour Cyrus Nasseri, membre de l'équipe de négociateurs nucléaires entre 2003 et 2005, « toute la question est de savoir si les États-Unis sont désormais prêts à faire le pas et accepter une solution raisonnable gagnant-gagnant pour les deux parties. Autrement dit à avaler les couleuvres après dix ans d'accusations sans fondement contre le programme nucléaire iranien », a-t-il déclaré à Téhéran. « L'un des principaux sujets de discussions est comment défaire la toile d'araignée des sanctions pour permettre à l'Iran de rétablir ses relations économiques avec le reste du monde », a estimé M. Nasseri.
Les dirigeants iraniens, y compris le président Hassan Rohani, ont répété ces dernières semaines que l'Iran ne renoncerait pas à ses droits nucléaires, notamment posséder un « programme de production de combustible nucléaire » pour ses futures centrales et réacteurs.
(Source : AFP)

Représentants américains et iraniens se sont retrouvés hier après-midi à Genève pour deux jours de discussions sur le programme nucléaire de Téhéran.Ces discussions sont nécessaires car les progrès accomplis en la matière se sont avérés « insuffisants » au cours de précédentes réunions, a estimé le département d'État hier. Les États-Unis souhaitent « voir un peu de réalisme » insufflé à ces pourparlers, a ajouté Marie Harf, une porte-parole de la diplomatie américaine.Les discussions entre les délégations iranienne et américaine ont été « constructives », a déclaré pour sa part Abbas Araghchi, vice-ministre et l'un des principaux négociateurs iraniens, cité par l'agence de presse Isna. « Le dialogue avec les États-Unis s'est déroulé dans un climat positif et a été constructif »,...
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