Le délai de 24 heures accordé sur ordre du parquet à Yasser Mokdad pour démolir ce qui a été illégalement bâti sur un des terrains de l'église maronite à Lassa a expiré samedi à 14h, sans que rien ne se passe.
Selon l'agence locale al-Markaziya, des agents de la sécurité étaient présents sur « le chantier » où Mokdad a prétendu ne pas avoir été notifié de l'ordre de démolition, en accusant l'église de vouloir s'approprier « son » terrain. Il a assuré que lui et sa famille comptent rester dans le bâtiment construit. « Et qu'on le détruise sur nos têtes. »
Dans le même temps, l'évêché maronite de Jounieh a dénoncé dans un communiqué la reprise des empiètements sur ses biens-fonds et pressé les autorités judiciaires, politiques et de sécurité d'œuvrer pour faire appliquer la loi « afin de préserver les droits des parties concernées ainsi que la coexistence et la paix civile ». Il a contesté la validité des documents présentés par Yasser Mokdad, sans le nommer, indiquant que l'un d'eux, délivré par le moukhtar de Lassa, Mahmoud Mokdad, est « faux, sans compter que le moukhtar n'a pas le droit de délivrer ce genre de documents lorsqu'il s'agit de terrains lotis et cadastrés ». « Cet acte, en soi, constitue un crime pénal puni par la loi », insiste l'évêché.
Sauf que le dossier de Lassa reste par excellence politique, comme le montre d'ailleurs la polémique qui a repris à ce sujet, notamment entre l'ancien député de la région, Farès Souhaid, secrétaire général du 14 Mars, d'une part, et un cadre du bureau politique du Hezbollah, Ghaleb Abou Zeinab, et le député Simon Abiramia, d'autre part.
Au cours d'une conférence de presse en sa résidence à Kartaba, M. Souhaid a fait assumer au Hezbollah la responsabilité « morale, réelle, politique et sécuritaire des abus qui sont commis dans le caza de Jbeil ». « Les contrevenants s'expriment en votre nom et vous considèrent comme leur couverture », a-t-il indiqué, en reprochant au parti chiite « une attitude condescendante et indifférente ». Il a également fait assumer au chef du Courant patriotique libre, le général Michel Aoun, « allié du Hezbollah », la responsabilité de tout différend qui pourrait éclater dans la région et lui a reproché « son silence, rien que parce que vous avez besoin de certaines voix pour remporter les élections ».
M. Souhaid a en outre appelé les ministres de la Justice, Achraf Rifi, et de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, à faire appliquer la loi et les ordres judiciaires émis, en soulignant la gravité du problème qui se pose, notamment au niveau de son impact sur la coexistence.
Ghaleb Abou Zeinab n'a pas tardé à réagir à ces propos en criant à la diffamation et en insistant sur le fait qu'il « s'agit d'un incident isolé qui est en train d'être réglé avec le patriarcat ». Il a assuré que le Hezbollah ne couvre pas les contrevenants, avant d'accuser M. Souhaid d'« essayer, à travers sa campagne, d'obtenir des acquis politiques, même au détriment de la coexistence, pour se frayer un chemin jusqu'au Parlement ». Des propos que l'ancien député a rejetés en soirée, pendant que M. Abiramia insistait à son tour sur le fait que le contentieux est « strictement d'ordre foncier et juridique » et que le Hezbollah est favorable à l'application des ordres juridiques. Il a affirmé avoir eu des assurances à ce sujet du chef du bloc parlementaire de la Résistance, Mohammad Raad, avant d'accuser « certains d'en faire un problème confessionnel et d'attiser les susceptibilités communautaires ». « Les propos tenus dans ce cadre sont du chantage et s'inscrivent dans le cadre de la consommation médiatique », a poursuivi Simon Abiramia, en indiquant que le Hezbollah a informé le patriarche en personne qu'il n'a rien à voir avec cette affaire. « S'il en avait été autrement, il aurait eu un problème avec le CPL parce que celui-ci défend le droit. »
Pour mémoire
À Lassa, le chantier d'un responsable hezbollahi reprend et provoque la colère des habitants
Dans le même temps, l'évêché maronite de Jounieh a dénoncé dans un communiqué la reprise des empiètements sur ses biens-fonds et pressé les autorités judiciaires, politiques et de sécurité d'œuvrer pour faire appliquer la loi « afin...


Allons ! Allons ! Le député Simon Abi Ramia veut "couvrir le soleil avec un tamis", comme on dit en Amérique du Sud. Son Excellence se soumet, bien sûr, au langage du Hezbollah, et couvrir justement toutes les (ex)actions du Hezbollah est un "devoir national" pour son Excellence et son courant ! "C'est une affaire isolée, d'ordre juridique", alors que l'individu en question, qui piétine à Lassa et la propritété privée de l'Eglise maronite et l'ordre juridique, est membre de l'aile militaire du Hezbollah et se vaut de la force du Hezbollah pour piétiner la loi. Aussi bien le prêtre maronite de l'évêché, que l'avocat de celui-ci, chargés de cette affaire, ont parlé clairement en ce sens.
05 h 00, le 09 juin 2014