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Entre ténèbres et lumière, le parcours des prisonnières

Des blessures qui ne cicatrisent jamais

OLJ
09/06/2014

L'isolement des femmes détenues est bien plus intense que celui des hommes, qui continuent plus souvent à recevoir le soutien moral et matériel de leurs proches. Cet élément doit être pris en compte dans tous les aspects de la vie carcérale. La difficulté que les prisonnières rencontrent pour maintenir des liens avec la famille s'explique en partie par la localisation géographique des établissements carcéraux pour femmes, les coûts des transports rendant souvent les visites inaccessibles aux familles, mais aussi par la nature des crimes et délits commis quand il s'agit d'homicides intrafamiliaux, de prostitution.
Très peu de détenues continuent à avoir des contacts avec leur conjoint après l'incarcération, surtout au bout de quelques années. Elles reçoivent ainsi moins de visites et peu d'argent. En entrant en prison, outre la privation de la liberté, elles ont le sentiment de perdre définitivement leur identité, leur dignité.
« J'entends mon nom prononcé comme s'il était devenu celui d'une autre. Peut-être parce qu'il est amputé de mon prénom », confie Elham, condamnée pour trafic de drogue. « Les sentiments de honte, de culpabilité sont tellement intenses que je suis fréquemment malade. Je souffre de troubles alimentaires et j'ai cessé d'avoir mes règles depuis le début de mon incarcération. Mes enfants me manquent terriblement et pensent que je suis morte, puisque je ne leur donne plus de mes nouvelles depuis des mois. Je n'ai pas le courage de les affronter. »


Outre les blessures intérieures qui tardent à cicatriser, la stigmatisation, parfois le rejet des proches « apposent leur signature » indélébile. Y a-t-il une vie après la prison ?
Rebâtir une réputation après un emprisonnement n'est pas chose facile. Même si les prisonnières payent leurs dettes à la société, elles continuent souvent à être montrées du doigt et peinent à retrouver une vie normale. La sortie de prison est le moment où vont se poser des questions cruciales, mises en veilleuse : une femme qui a supporté pendant son incarcération la rupture avec la société, avec le travail, la séparation avec sa famille, son enfant à qui elle a donné la vie, pourra-t-elle accepter après sa libération que celui-ci refuse de la voir ?


Prisonnière de la solitude, esclave du regard des autres, saura-t-elle continuer à avancer ? Comment dans ces conditions conserver l'estime de soi ? Après l'euphorie de la liberté, viennent l'angoisse, le désespoir et la peur de retomber dans la délinquance.

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