Responsables locaux et habitants affirmaient hier que des centaines de personnes ont péri dans une attaque de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, la dernière d'une longue série ayant fait des milliers de morts depuis le début de l'année.
Des hommes très lourdement armés, portant des tenues militaires, ont ainsi entièrement détruit mardi soir les villages de Goshe, Attagara, Agapalwa et Aganjara, dans l'État de Borno dans le Nord-Est, à bord de véhicules tout-terrain, tuant de très nombreux civils qui tentaient de fuir. Selon des chefs locaux, entre 400 et 500 personnes ont été tuées. Ce bilan n'a pu être vérifié de source indépendante, en raison des difficultés à joindre cette région reculée par téléphone et à s'y rendre par la route. Si ce bilan se confirme, cette attaque est l'une des plus meurtrières menées par Boko Haram depuis le début de l'insurrection islamiste en 2009.
« Des centaines de cadavres gisent là (...) parce que personne ne peut aller les enterrer », a déclaré un chef local d'Attagara ayant requis l'anonymat. Selon lui, les assaillants n'ont épargné que les femmes. De petits garçons ont été « arrachés du dos de leurs mères et tués », a-t-il affirmé. Hommes, femmes et enfants ont tenté de prendre la fuite, mais les islamistes les ont poursuivis et leur ont tiré dessus, selon lui. Le chef anonyme a également évoqué une « crise humanitaire ». Ce qu'a confirmé son homologue Zakari Habu : « Les femmes et les personnes âgées de notre village ont besoin d'eau et de nourriture, les blessés ont besoin de médicaments et tous ont besoin d'un toit. »
Le district de Gwoza, où se trouvent les quatre villages, longe la frontière camerounaise près de la forêt de Sambisa, où l'armée nigériane concentre ses recherches pour tenter de retrouver plus de 200 lycéennes enlevées le 14 avril par Boko Haram. De nombreux habitants ont fui au Cameroun et des soldats ont été déployés pour combattre les islamistes, qui ont pris le contrôle d'au moins sept villages où flotte leur drapeau noir, avait déclaré mercredi Peter Biye, un député de la région.
À Maiduguri
De même, quarante-cinq personnes ont été tuées par des hommes armés également soupçonnés d'appartenir à Boko Haram en périphérie de la ville de Maiduguri, ont affirmé hier des habitants. L'attaque a eu lieu mercredi soir à Barderi, dans les faubourgs de Maiduguri, berceau de l'insurrection islamiste dans l'État de Borno, et a tiré sur une foule de villageois rassemblés à l'occasion de la venue d'hommes qui se faisaient passer pour des prédicateurs, selon deux habitants.
Les attaques de Boko Haram ont augmenté ces dernières semaines, des villages entiers étant fréquemment détruits, notamment dans l'extrême Nord-Est, aux frontières du Cameroun, du Tchad et du Niger. Des milices civiles d'autodéfense, composées de jeunes hommes, prêtent main forte à l'armée dans la lutte contre les islamistes, poussant ceux-ci à se retourner contre la population.
(Source : AFP)

