Barack Obama a donné le ton en annonçant, lundi, de nouvelles normes sur les émissions des centrales électriques. Photo Reuters
Quels nouveaux engagements peut prendre chaque pays pour contenir le réchauffement de la planète ? Les représentants de 195 pays se sont retrouvés sous l'égide de l'ONU, à partir d'hier à Bonn, pour éclaircir une question au cœur du futur accord mondial sur le climat attendu fin 2015 à Paris. Barack Obama avait déjà donné le ton en annonçant, lundi, de nouvelles normes sur les émissions des centrales électriques, qui génèrent environ un tiers de l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre des États-Unis. Son ambition : réduire leurs émissions de CO2 de 30 % d'ici à 2030 par rapport à 2005.
L'Union européenne a donc insisté hier, en ouverture des douze jours de discussions, sur l'importance d'être ambitieux également avant 2020. L'Union estime qu'elle va faire mieux que son objectif pour 2020, jugeant atteignable une baisse de 24 % de ses émissions par rapport à 1990 au lieu des 20 % auxquels elle s'est engagée. Ces annonces semblent pouvoir redonner des couleurs à un processus complexe, qui doit déboucher sur un nouveau pacte mondial, fin 2015 à Paris. L'objectif est de remettre la planète sur un réchauffement maximal de 2 °C quand les émissions actuelles nous emmènent plutôt vers +4 °C.
À Bonn, les discussions, principalement techniques hier, doivent entrer dans le vif du sujet aujourd'hui et demain avec la présence annoncée d'une quarantaine de ministres. Au menu : le « squelette » du futur accord post-2020 mais aussi les moyens de faire plus d'ici à 2020. « À la lumière des impacts climatiques se déroulant sous nos yeux, il est évident qu'une action immédiate est capitale pour les États insulaires », a alerté Marlene Moses, présidente de l'Aosis, une alliance de 44 États insulaires et côtiers, aux premières loges des impacts du réchauffement. Une action rapide d'autant plus nécessaire que, selon une analyse présentée hier par un cabinet allemand, les nouveaux objectifs dévoilés par les États-Unis ne suffiront pas au pays pour tenir les engagements déjà pris, à savoir réduire les émissions de gaz à effet de serre de 17 % d'ici à 2020 par rapport à 2005.
Aucune décision formelle n'est attendue à Bonn, les discussions devant se poursuivre, en septembre lors d'un sommet convoqué à New York par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon puis en décembre au Pérou lors de la conférence annuelle de l'ONU sur le climat. Pour autant, « plus on se rapproche de Paris, plus chaque session est importante et peut faire monter l'inquiétude s'il ne se passe rien », souligne une source diplomatique française.
Après l'échec marquant de Copenhague en 2009, les 195 pays négociant sous l'égide de l'ONU espèrent conclure fin 2015 un accord contraignant de limitation des émissions de gaz à effet de serre applicable pour tous les pays à partir de 2020. De nombreux différends restent à aplanir sur la nature et le degré de contrainte des objectifs de réduction que prendront les pays. Avec ces questions en débat, les « contributions » des pays contre le réchauffement doivent-elles être de simples objectifs globaux ? Des objectifs par secteurs économiques ? Faut-il des engagements financiers de la part des pays industrialisés ? Autant de sujets « explosifs », selon un négociateur.
À Paris, des représentants religieux ont par ailleurs lancé hier un appel à jeûner le 1er jour de chaque mois jusqu'en décembre 2015 comme signe d'engagement dans la lutte contre le réchauffement. Une mobilisation inspirée par Yeb Sano, chef négociateur des Philippines, qui avait cessé de manger en solidarité aux Philippins touchés par le typhon Haiyan, lors de la conférence de Varsovie fin 2013.
(Source : AFP)

