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Sport

Qatar 2022 : Platini dément son implication dans une affaire de corruption

À quelques jours de l’ouverture de la Coupe du monde, et surtout du congrès de la FIFA les 10 et 11 juin à São Paulo, la guerre semble bien déclarée entre Platini et Blatter. Ce dernier, à la tête de la FIFA depuis 1998, souhaite être reconduit dans ses fonctions lors des prochaines élections, en juin 2015, alors que le Français pourrait être un sérieux candidat en face de lui, s’il décide de se présenter, d’où cette guerre menée contre lui.

Jour après jour, de nouvelles révélations sur l'attribution de la CM 2022 au Qatar fusent. Après celles du Sunday Times le week-end dernier, c'est le Daily Telegraph qui a dégainé hier. Et annonce une possible corruption de... Michel Platini, le président de l'UEFA, lui-même !
En cause, un petit déjeuner dit secret entre l'ancien numéro 10 des Bleus et Mohammad ben Hammam, ex-président de la Confédération asiatique de football (AFC), mais surtout corrupteur multirécidiviste, condamné et exclu à vie de la FIFA dans le cadre d'un autre scandale, celui de l'achat de voix pour l'élection à la présidence de l'instance... Ben Hammam était auparavant l'un des principaux lobbyistes de la candidature qatarie.
La rencontre entre ben Hammam et Platini aurait eu lieu au matin du désormais célèbre déjeuner à l'Élysée en novembre 2010 sous l'autorité du président français d'alors, Nicolas Sarkozy, et en présence du fils de l'émir, Tamin ben Hamad al-Thani, Premier ministre du petit État.

Pas de preuves
Le Qatari aurait « personnellement influencé – personnaly lobbied – » Michel Platini « pour qu'il supporte ensuite la candidature du Qatar ». Dans l'article à la une de son édition papier, le Daily Telegraph dit toutefois ne pas avoir de preuves que Michel Platini ait pu recevoir de l'argent.
Ce déjeuner, quelques jours avant le vote désignant officiellement le Qatar comme pays hôte du Mondial en 2022, a depuis fait grincer des dents jusqu'au plus haut sommet de la FIFA, Sepp Blatter rappelant opportunément qu'un tel rendez-vous était pour le moins inapproprié. Le Telegraph rappelle également que depuis, Laurent Platini, le fils de Michel, a pris la tête de l'équipementier sportif qatari Burrda Sport (indirectement via une société basée en Suisse, puisque Burrda appartient à QSI, le fonds souverain qatari propriétaire du PSG), qui a débarqué avec fracas dans le monde du sport professionnel (RC Toulon en rugby, OGC Nice ou encore Fédération belge en football).

Un nouveau vote évoqué
Parmi les documents à charge dévoilés contre ben Hammam (lettres et e-mails notamment), on trouve la panoplie complète du parfait petit corrupteur : accord sur le gaz concernant la Thaïlande pour orienter le vote du président de la fédération locale Worawi Makudi, fourniture de véhicules auprès des membres asiatiques de la FIFA, ou encore petits arrangements concernant les familles des votants. Les accusations du Sunday Times le week-end dernier, qui avait indiqué que plus de 3,7 millions d'euros avaient été versés auprès des acteurs du vote, démontraient déjà l'ampleur de la fraude présumée.
Toutes ces charges à l'encontre du vote victorieux pour le Qatar amène de plus en plus d'acteurs du dossier à inviter la FIFA à un nouveau vote. Les anciennes candidatures battues alors, tels l'Australie et les États-Unis, ont annoncé suivre le dossier attentivement, et n'ont pas exclu de retenter leur chance si un nouveau processus était engagé.

La présidence de la FIFA, pas le Qatar...
Face à ces accusations portées, l'actuel président de la FIFA a décidé quelques heures après de se défendre.
« Je trouve ahurissant que des conversations avec un collègue du Comité exécutif de la FIFA de l'époque puissent se transformer en complot d'État, dit-il dans un communiqué. J'ai bien sûr rencontré M. Mohammad ben Hammam à plusieurs reprises en 2010, puisque nous étions tous deux membres du même Comité exécutif depuis 2002. Lors de ces conversations avec M. ben Hammam, l'objet des discussions était la candidature à la présidence de la FIFA, poursuit Platini. M. ben Hammam cherchait en effet à me convaincre de me présenter à la présidence de la FIFA pour les élections de 2011. Je tiens à rappeler que je suis le seul membre du Comité exécutif de la FIFA qui a dit publiquement pour qui j'avais voté – preuve de ma totale transparence – et que personne ne me dicte ma conduite. »
En 2011, ben Hammam s'était en effet présenté à la présidence de la FIFA, avant de retirer sa candidature car accusé d'avoir acheté des voix auprès de la confédération caribéenne. C'est ce qui lui avait valu, en 2012, d'être radié à vie de la FIFA.

Plus rien ne me surprend
Cette défense s'accompagne également d'une attaque. Car Michel Platini doit déclarer, dans les prochains jours, s'il sera candidat à la présidence de la FIFA face à Sepp Blatter, son actuel patron qui veut briguer un cinquième mandat. Et il sait que ces rumeurs ne sont pas innocentes : « Je ne suis plus étonné par la diffusion de rumeurs sans fondement qui visent à salir mon image dans un moment important pour l'avenir du football. Plus rien ne me surprend ! Comme on dit : "Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose." »
Et la position de Blatter a de quoi étonner : après avoir longtemps défendu le bienfait de la désignation du Qatar pour 2022, le Suisse a récemment fait demi-tour, mettant en cause notamment l'Allemagne et la France d'avoir fait pression pour aboutir à cette « erreur ».
Hier, la FIFA a annoncé que l'enquête, débutée voici deux ans, sur les allégations de corruption entourant la désignation du Qatar, serait conclue dès lundi prochain, pour une remise du rapport au lendemain de la finale de la Coupe du monde. Étrange concordance...

(Sources : agences)

Jour après jour, de nouvelles révélations sur l'attribution de la CM 2022 au Qatar fusent. Après celles du Sunday Times le week-end dernier, c'est le Daily Telegraph qui a dégainé hier. Et annonce une possible corruption de... Michel Platini, le président de l'UEFA, lui-même !En cause, un petit déjeuner dit secret entre l'ancien numéro 10 des Bleus et Mohammad ben Hammam, ex-président de la Confédération asiatique de football (AFC), mais surtout corrupteur multirécidiviste, condamné et exclu à vie de la FIFA dans le cadre d'un autre scandale, celui de l'achat de voix pour l'élection à la présidence de l'instance... Ben Hammam était auparavant l'un des principaux lobbyistes de la candidature qatarie.La rencontre entre ben Hammam et Platini aurait eu lieu au matin du désormais célèbre déjeuner à l'Élysée en...
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