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Moyen Orient et Monde - Transition

En Espagne, le roi abdique, vive le roi

Après 38 ans de règne, Juan Carlos était affaibli par des ennuis de santé et par les scandales.

L’ancien roi d’Espagne Juan Carlos et son fils, le nouveau roi Felipe VI. Gerard Julien/AFP

Le roi d'Espagne Juan Carlos a annoncé hier à la surprise générale qu'il abdiquait au profit de son fils, le prince Felip.
Le visage grave, Juan Carlos s'est adressé aux Espagnols, du palais de la Zarzuela, dans un discours solennel retransmis à la télévision où il a confirmé son abdication, déjà annoncée par le chef du gouvernement Mariano Rajoy, exprimant toute sa « gratitude » à son peuple. Il a évoqué la soif « en nous d'un élan de renouveau, de dépassement, de correction des erreurs », déclarant que son fils avait « la maturité, la préparation et le sens de la responsabilité nécessaires pour prendre avec toutes les garanties la tête de l'État, et ouvrir une nouvelle ère d'espoir alliant l'expérience acquise et l'impulsion d'une nouvelle génération ». Les Espagnols, stupéfaits, se préparaient pourtant depuis longtemps à une abdication. « Évidemment, c'est quelque chose qui devait arriver. Le roi est âgé », commentait Maria José Gonzalez, 55 ans, venue de La Corogne pour visiter Madrid. « Don Felipe devra gagner la confiance des Espagnols en approfondissant les qualités démontrées par son père et en permettant la modernisation dont l'Espagne a besoin d'urgence », écrivait le journal de centre gauche El Pais, dans une édition spéciale.

« Je regrette beaucoup. Je me suis trompé »
Âgé de 76 ans, monté sur le trône à la mort du dictateur Francisco Franco en novembre 1975, Juan Carlos a bâti sa popularité en menant la transition de l'Espagne vers la démocratie, avant de connaître une fin de règne éclaboussée par les scandales et marquée par les problèmes de santé. Le pays n'a pas oublié l'image qu'il a renvoyée, le 6 janvier, lorsque au cours d'une cérémonie militaire, fatigué, appuyé sur des béquilles, il cherchait ses mots en prononçant un discours. La presse avait alors évoqué avec insistance une abdication imminente. Même si le roi a continué à honorer un agenda chargé, il a finalement révélé hier que c'était à l'époque de son anniversaire, le 5 janvier, qu'il avait « estimé que le moment était venu de préparer en quelques mois la relève ». En outre, le roi avait stupéfait le pays, le 18 avril 2012, en apparaissant la mine défaite face aux médias dans un couloir d'une clinique madrilène, avant de prononcer ses excuses historiques : « Je regrette beaucoup. Je me suis trompé et cela ne se reproduira pas. » Quelques jours auparavant, la tempête avait fait rage autour d'une coûteuse partie de chasse à l'éléphant au Botswana, après laquelle le souverain avait dû être rapatrié pour une fracture à la hanche, un scandale que l'Espagne, plongée dans une crise économique d'une ampleur historique, ne lui a pas pardonné. Mais l'épisode le plus grave est de loin le scandale de corruption dans lequel est soupçonné depuis 2011 le gendre de Juan Carlos, Iñaki Urdangarin. Son épouse, l'infante Cristina, seconde fille du roi et de la reine Sofia, a été elle aussi mise en examen par la justice. Trente ans plus tôt, le 23 février 1981, le jeune roi en uniforme militaire ordonnait, dans un message télévisé resté gravé dans les mémoires, aux officiers putschistes de la garde civile qui occupaient alors le Parlement de rentrer dans leurs casernes. En déjouant cette tentative de coup d'État menée par le lieutenant-colonel Antonio Tejero, celui que le dictateur Francisco Franco avait, dès 1969, désigné comme son dauphin, s'imposait ce jour-là, avec éclat, comme le héros de la transition démocratique.
Désormais, c'est le prince des Asturies, son fils Felipe de Bourbon, qui doit devenir à 46 ans le prochain roi d'Espagne sous le nom de Felipe VI. Un Conseil des ministres doit se réunir aujourd'hui pour approuver un projet de loi fixant la procédure d'abdication, qui devra être voté par le Parlement.
(Source : AFP)

Le roi d'Espagne Juan Carlos a annoncé hier à la surprise générale qu'il abdiquait au profit de son fils, le prince Felip.Le visage grave, Juan Carlos s'est adressé aux Espagnols, du palais de la Zarzuela, dans un discours solennel retransmis à la télévision où il a confirmé son abdication, déjà annoncée par le chef du gouvernement Mariano Rajoy, exprimant toute sa « gratitude » à son peuple. Il a évoqué la soif « en nous d'un élan de renouveau, de dépassement, de correction des erreurs », déclarant que son fils avait « la maturité, la préparation et le sens de la responsabilité nécessaires pour prendre avec toutes les garanties la tête de l'État, et ouvrir une nouvelle ère d'espoir alliant l'expérience acquise et l'impulsion d'une nouvelle génération ». Les Espagnols, stupéfaits, se préparaient...
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