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Moyen Orient et Monde - Afghanistan

Ultracontroversé, l’échange de prisonniers est porteur d’espoir

Devant un parterre de soldats, le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, en visite surprise à la base de Bagram en Afghanistan, a exprimé le vœu que ce développement constitue une ouverture vers la reprise du processus de paix. Pablo Martinez Monsivais / Pool / Reuters

La libération du seul prisonnier américain en Afghanistan, le sergent Bowe Bergdahl, 28 ans, en échange de celle de cinq détenus talibans, nourrissait hier l'espoir d'un nouveau départ pour le processus de paix dans ce pays en guerre depuis plus de 12 ans.
La remise en liberté des cinq talibans, d'anciens cadres du régime fondamentaliste au pouvoir entre 1996 et 2001 toujours influents au sein des rebelles, était en effet l'une des principales conditions posées de longue date par les insurgés aux Américains pour ouvrir de véritables négociations de paix en Afghanistan et mettre fin à cet interminable conflit. Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a ainsi exprimé le vœu que ce développement constitue une ouverture vers la reprise du processus de paix. « Nous étions engagés (dans un dialogue) avec les talibans jusqu'en 2012. Ils ont rompu ces négociations, nous n'avons aucune relation formelle avec eux depuis », a déclaré M. Hagel sur la chaîne de télévision NBC depuis la base de Bagram, en Afghanistan, où il a effectué hier une courte visite surprise. « Donc peut-être que (cet échange de prisonniers) sera une nouvelle ouverture qui conduira à un accord », a-t-il espéré.

Une « grande victoire »
L'échange a pu intervenir grâce à des contacts souterrains qui ont eu lieu au cours de l'année écoulée, selon une source talibane, et à l'intervention du Qatar, engagé depuis des années dans les efforts de réconciliation entre les rebelles et le gouvernement de Kaboul. Qualifiant leur remise en liberté de « grande victoire », le mollah Omar, chef suprême des talibans afghans, a d'ailleurs adressé ses remerciements aux autorités qataries « pour leur médiation ». Les cinq cadres talibans sont arrivés hier au Qatar, où ils ont retrouvé des membres de leurs familles et où ils devront rester un an, a indiqué une source proche du ministère qatari des Affaires étrangères, en réponse à une question sur les garanties données aux Américains pour leur échange contre le soldat américain. Le gouvernement afghan a estimé hier que ce transfert au Qatar était illégal et a réclamé la libération immédiate de ces anciens cadres du régime taliban.
De leur côté, les talibans n'ont toutefois fait aucune allusion à une éventuelle reprise des pourparlers de paix, signe du chemin qui reste à parcourir. L'échange « n'a pas été fait dans l'optique du processus de paix », a ainsi déclaré le porte-parole des insurgés, Zabihullah Mujahid. « Il s'agit seulement d'un échange de prisonniers de guerre, cela n'a rien de politique », a-t-il insisté.
Une source talibane a souligné que le projet du président Obama de maintenir des troupes américaines dans le pays jusqu'à la fin 2016 pourrait conduire à un « statu quo », à savoir la poursuite d'un conflit qui a tué près de 3 000 civils en 2013, selon des chiffres de l'ONU.

Séances de badminton
Le sergent Bergdahl avait été, lui, relâché samedi dans l'est de l'Afghanistan et remis à « quelques dizaines » de soldats des forces spéciales américaines, en présence d'une vingtaine de talibans, selon des responsables américains. Il avait été capturé par les talibans le 30 juin 2009 après sa disparition d'une base de la province de Paktika. Sa libération a fait l'objet de critiques aux États-Unis, où des parlementaires républicains se sont inquiétés de l'éventualité que les talibans libérés retournent au combat. Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a tenté de justifier l'échange de prisonniers en affirmant que « la sécurité et l'état de santé du sergent Bergdahl étaient menacés ». « Nous avions décidé que si nous trouvions une ouverture et que nous puissions agir très rapidement, nous devions le sortir de là, d'abord pour sauver sa vie », a dit le responsable américain à des journalistes.
Conduit aussitôt sur la base de Bagram, un complexe militaire géant sous contrôle américain au nord de Kaboul, le militaire est en « bonne condition, capable de marcher seul » et reçoit un traitement médical, selon des responsables américains. Il devait être transféré par avion vers un hôpital militaire américain à Landstuhl, en Allemagne, selon la même source.
Au cours de sa détention, le sergent Bergdahl avait été emprisonné dans plusieurs endroits le long de la frontière afghano-pakistanaise, selon plusieurs sources rebelles. Le sergent semble avoir fait preuve d'une capacité d'adaptation spectaculaire lors de sa captivité, apprenant les langues locales ou participant à des activités avec ses geôliers, selon un chef rebelle. Ainsi, « il adorait le badminton et jouait toujours avec ses gardiens ».
(Source : AFP)

La libération du seul prisonnier américain en Afghanistan, le sergent Bowe Bergdahl, 28 ans, en échange de celle de cinq détenus talibans, nourrissait hier l'espoir d'un nouveau départ pour le processus de paix dans ce pays en guerre depuis plus de 12 ans.La remise en liberté des cinq talibans, d'anciens cadres du régime fondamentaliste au pouvoir entre 1996 et 2001 toujours influents au sein des rebelles, était en effet l'une des principales conditions posées de longue date par les insurgés aux Américains pour ouvrir de véritables négociations de paix en Afghanistan et mettre fin à cet interminable conflit. Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a ainsi exprimé le vœu que ce développement constitue une ouverture vers la reprise du processus de paix. « Nous étions engagés (dans un dialogue) avec les...
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