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Moyen Orient et Monde - Ukraine

Et si la crise se résolvait par la diplomatie du gaz ?

Les combats sont nombreux et de plus en plus violents dans l'Est prorusse.

Des enfants portant les photos des héros ukrainiens qui ont combattu pour la liberté. Yuriy Dyachyshyn/AFP

Des négociations de dernière minute sont prévues aujourd'hui à Bruxelles alors que l'Ukraine est confrontée au risque d'une coupure du gaz russe dès demain, qui pourrait perturber les approvisionnements des pays européens.
Le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a ainsi promis hier que l'Ukraine rembourserait sous dix jours sa dette gazière à la Russie si ces deux pays arrivaient à se mettre d'accord aujourd'hui sur les termes d'un nouveau contrat. Les discussions porteront sur le prix du gaz, fixé à un niveau sans équivalent en Europe. « Si la Russie ne veut pas de ce nouveau contrat, nous nous reverrons devant un tribunal à Stockholm », s'est exclamé M. Iatseniouk. Dans les négociations vendredi à Berlin, Kiev a fait un geste en annonçant le règlement d'une partie de sa dette (786 millions de dollars sur 3,5 milliards).
En attendant, élu le 25 mai avec plus de 54 % des voix, le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko doit même avant son investiture samedi faire connaissance avec plusieurs dirigeants internationaux. Il rencontre mercredi en Pologne le président américain Barack Obama, avant d'assister aux cérémonies du Débarquement en Normandie à l'invitation de François Hollande, tout comme Vladimir Poutine. Entre-temps, jeudi, les leaders des puissances du G7 se retrouveront à Bruxelles pour un sommet qui remplace celui du G8 prévu en Russie le même jour, annulé à cause de la crise ukrainienne. « Ces rencontres sont très importantes pour établir des contacts directs avec les dirigeants internationaux, en premier lieu avec Barack Obama. L'Ukraine doit formuler sa stratégie dans l'Est et voir comment les États-Unis peuvent l'aider », a souligné hier le politologue ukrainien indépendant Volodymyr Fessenko. « Une rencontre avec Vladimir Poutine n'est pas exclue. Il serait important de comprendre quelles concessions il est prêt à accepter » de faire, poursuit l'expert. M. Porochenko, s'il a affirmé vouloir dialoguer avec Moscou, a aussi promis de ne jamais laisser les insurgés, qu'il appelle « les terroristes », transformer la région rebelle en Somalie. La Russie qui rejette les accusations sur son implication dans la déstabilisation de l'Ukraine exige que Kiev cesse son « opération punitive » dans l'Est.

Obama « regardera le présent »
Sur le plan diplomatique, Barack Obama retourne en Europe à partir de demain, avec comme point d'orgue le 70e anniversaire du Débarquement en Normandie, un voyage marqué par les conflits historiques du Vieux Continent. C'est son deuxième voyage en Europe en deux mois. Il sera demain et mercredi en Pologne pour participer au 25e anniversaire des premières élections démocratiques dans cet ancien pays du bloc soviétique. « C'est un moment fort (...) lorsqu'on regarde l'histoire et la manière dont la démocratie polonaise a triomphé », a commenté le conseiller adjoint pour la sécurité nationale de M. Obama, Ben Rhodes. Il s'agit surtout d'assurer les pays de l'Europe de l'Est de l'engagement des États-Unis à défendre la sécurité de leurs alliés au sein de l'OTAN, après l'absorption de la Crimée par la Russie.
Ainsi, le président Obama profitera de l'étape à Varsovie « pour regarder aussi le présent et la nécessité pour les États-Unis et l'Europe de se tenir côte à côte pour la sécurité en Europe de l'Est et pour la défense des valeurs démocratiques, comme on l'a vu de manière si prégnante en Ukraine ces derniers mois », a expliqué M. Rhodes. L'ambassadeur de Pologne à Washington, Ryszard Schnepf, a de fait dressé un parallèle entre son pays et Kiev. « Au début des années 1990, la Pologne était dans la même situation économique que l'Ukraine aujourd'hui. La voie polonaise est un exemple parfait pour les pays voisins, et d'abord pour l'Ukraine », a-t-il comparé.

Anarchie
Sur le terrain, les autorités ukrainiennes ont affirmé avoir avancé face aux insurgés, mais les combats sont nombreux et de plus en plus violents et l'anarchie s'est emparée d'une grande partie de la région de Donetsk. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a indiqué hier être sans nouvelles de ses deux équipes déployées dans la région en vue d'une pacification et portées disparues : l'une depuis lundi dans la région de Donetsk et l'autre depuis jeudi dans celle de Lougansk, soit au total huit observateurs. De plus, les garde-frontières ont annoncé hier avoir arrêté un Russe de 38 ans, qui a participé à la campagne russe en Tchétchénie et qui venait combattre aux côtés des séparatistes dans la région de Lougansk. Washington s'est inquiété ces derniers jours de l'arrivée d'hommes armés de Tchétchénie, une république en majorité musulmane du Caucase russe.
Enfin, des inconnus armés ont fait irruption hier dans une église ukrainienne à Perevalné, en Crimée rattachée en mars à la Russie, en agressant le prêtre et des paroissiens, a indiqué le patriarcat orthodoxe de Kiev dont dépend l'église. Le patriarcat dénonce « une action planifiée » en soulignant que l'archiprêtre Ivan Katkalo avait été menacé la veille par un représentant du patriarcat de Moscou qui lui avait demandé de « quitter l'église volontairement ».
(Source : AFP)

 

Des négociations de dernière minute sont prévues aujourd'hui à Bruxelles alors que l'Ukraine est confrontée au risque d'une coupure du gaz russe dès demain, qui pourrait perturber les approvisionnements des pays européens.Le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a ainsi promis hier que l'Ukraine rembourserait sous dix jours sa dette gazière à la Russie si ces deux pays arrivaient à se mettre d'accord aujourd'hui sur les termes d'un nouveau contrat. Les discussions porteront sur le prix du gaz, fixé à un niveau sans équivalent en Europe. « Si la Russie ne veut pas de ce nouveau contrat, nous nous reverrons devant un tribunal à Stockholm », s'est exclamé M. Iatseniouk. Dans les négociations vendredi à Berlin, Kiev a fait un geste en annonçant le règlement d'une partie de sa dette (786 millions de dollars sur...
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