Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde

Dans un fief des Frères musulmans, le seul président, c’est Morsi

À Kerdassa, un partisan de l’ex-président Mohammad Morsi devant des affiches sur lesquelles est écrit : « Notre président, le docteur Mohammad Morsi. » Marwan Naamani / AFP

À Kerdassa, bastion des Frères musulmans près du Caire, on boycotte la présidentielle et son grand favori dont pas un seul des portraits n'est visible. « Notre président, c'est Mohammad Morsi », proclament des affiches.
Cette ville à 35 kilomètres au sud-ouest de la capitale, désertée depuis des mois par les forces de l'ordre, marche à contre-courant du véritable culte de la personnalité dont jouit le maréchal à la retraite Abdel Fattah el-Sissi depuis qu'il a renversé M. Morsi et qu'il a lancé policiers et soldats dans une sanglante répression de ses partisans. Kerdassa porte encore les stigmates des affrontements entre les deux camps. Son commissariat incendié et partiellement détruit trône sur la place principale, vide et arborant un « Sissi assassin » rageur peint sur son mur d'enceinte. Le 14 août 2013, 13 policiers ont été tués là, le jour même où plus de 700 manifestants pro-Morsi ont péri en quelques heures sous les balles des forces de l'ordre au cœur du Caire.

« Après tout le sang »
Ici, le mouvement des Frères musulmans a appelé au boycott de l'élection présidentielle, comme l'explique un de ces membres, Mohammad Gamal : « Je boycotte ce scrutin parce qu'il n'a aucune légitimité. » « Sissi a mené un coup d'État et tué des jeunes. Son arrivée au pouvoir est la meilleure preuve que c'était bien un coup d'État militaire contre le président élu », martèle-t-il.
Devant le commissariat de Kerdassa, Mahmoud el-Taghich, 23 ans, explique qu'il ne votera pas non plus.
« Comment pourrais-je voter après tout le sang qui a coulé en Égypte et dans ma ville ? » témoigne-t-il en montrant du doigt les portraits de « martyrs », dont certains étaient ses amis, accrochés au mur.
En outre, seuls trois bureaux de vote sur cinq prévus sont ouverts « pour éviter des heurts et des émeutes », explique un officier de police posté devant une des écoles où est organisé le scrutin.
Toutefois, Mohammad Farag, membre du parti salafiste al-Nour, votera pour Sissi.
« Nous soutenons Sissi parce qu'il n'a pas d'idéologie particulière, si ce n'est l'intérêt du pays », explique-t-il. Parce qu'ils ont rallié Sissi et qu'ils font actuellement campagne pour lui, les ultraconservateurs d'al-Nour sont désormais la seule force politique islamiste autorisée en Égypte.

(Source : AFP)

À Kerdassa, bastion des Frères musulmans près du Caire, on boycotte la présidentielle et son grand favori dont pas un seul des portraits n'est visible. « Notre président, c'est Mohammad Morsi », proclament des affiches.Cette ville à 35 kilomètres au sud-ouest de la capitale, désertée depuis des mois par les forces de l'ordre, marche à contre-courant du véritable culte de la personnalité dont jouit le maréchal à la retraite Abdel Fattah el-Sissi depuis qu'il a renversé M. Morsi et qu'il a lancé policiers et soldats dans une sanglante répression de ses partisans. Kerdassa porte encore les stigmates des affrontements entre les deux camps. Son commissariat incendié et partiellement détruit trône sur la place principale, vide et arborant un « Sissi assassin » rageur peint sur son mur d'enceinte. Le 14 août 2013,...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut