La N-VA, parti flamand ouvertement séparatiste, devrait être le grand vainqueur des élections fédérales qui se tiendront demain en Belgique.
La « mère de toutes les élections », comme elle est surnommée par les médias belges – les scrutins régional et européen se tiennent le même jour –, devrait, selon les sondages, renforcer la première place en Flandre, et donc en Belgique, de la « Nieuw-Vlaamse Alliantie », la Nouvelle Alliance flamande. Ce parti aux thèses économiques libérales propose de transformer la Belgique, État fédéral depuis 1993, en une simple confédération où les régions auraient pratiquement tous les pouvoirs, mais l'espoir d'une indépendance de la Flandre reste caressé par cette formation nationaliste.
La N-VA, emmenée par son leader Bart de Wever, a connu une ascension fulgurante depuis la rupture du cartel qu'elle formait avec les démocrates-chrétiens flamands. Aux élections législatives de 2010, il a atteint la première place, avec 28,2 % des voix flamandes, et devrait selon les sondages en obtenir 30 % cette année, le double, au moins, du score attendu respectivement par les démocrates-chrétiens, les socialistes ou les libéraux. Sa victoire il y a quatre ans avait entraîné une crise de 541 jours pendant lesquels aucun accord de gouvernement n'a été possible en raison du refus des francophones de déshabiller l'État fédéral de nombreuses compétences, ce qui aurait selon eux pour effet de priver la Wallonie de transferts financiers. Consciente des priorités actuelles des électeurs, plus soucieux de la situation économique que des querelles linguistiques, une minorité de Flamands seulement souhaitant l'indépendance, la N-VA a donc mis un bémol à ses revendications communautaires et a tendu la main aux francophones.
Moyen Orient et Monde
La « mère de toutes les élections », demain, en Belgique
OLJ / le 24 mai 2014 à 00h00

