Le plissé et le drapé étaient des tendances lourdes lors de ce 67e Festival de Cannes. De même, il fallait savoir dévoiler une jambe, même en étant en robe longue. Le tissu devait être coupé tout le long de la jambe, au minimum jusqu’au bassin. Jessica Chastain en a fait une belle démonstration, en foulant le tapis rouge dans un coup de vent, pour le plus grand bonheur des photographes. Bertrand Langlois/AFP
La compétition du Festival de Cannes s'est achevée hier avant un palmarès qui pourrait voir aujourd'hui la consécration du jeune Canadien Xavier Dolan, même si ses glorieux aînés turc Ceylan, britannique Leigh et belges Dardenne ont largement leur mot à dire pour la Palme d'or.
Premier des deux derniers films en compétition, Léviathan d'Andreï Zviaguintsev. Dans une sélection souvent ancrée dans la réalité, la guerre en Tchétchénie ou l'extrémisme religieux au Mali par exemple, ce long métrage raconte le combat d'un homme face à un État russe omnipotent et corrompu. Pour Kolia, la seule alternative est de se soumettre à l'autorité, ou de combattre en homme libre. Le tout dans l'atmosphère glaçante et envoûtante des paysages autour de la mer de Barents. Le Français Olivier Assayas transporte, lui, le spectateur dans les Alpes suisses, avec Sils Maria, pour un film autour d'une comédienne vieillissante et d'une jeune actrice en devenir. Une réflexion sur la maturité et le processus de création théâtrale.
Être diffusé le dernier jour donne-t-il un coup de pouce aux films ? Oui, répondrait Laurent Cantet. En 2008, Entre les murs avait été présenté en fin de compétition et avait raflé la Palme d'or le lendemain. En 2013 en revanche, pas plus Jim Jarmusch que Roman Polanski n'avaient obtenu le moindre prix.
Hier, les festivaliers parlaient encore beaucoup de Xavier Dolan, prodige canadien de 25 ans, et de son dernier film Mommy, un drame familial bouleversant. Nombreux étaient ceux qui lui décernaient la Palme du cœur en attendant peut-être la Palme d'or. Ou un autre prix. Un sentiment déjà éprouvé l'an dernier après la projection de La vie d'Adèle, de Abdellatif Kechiche, grand vainqueur de l'édition 2013. Mais qu'en pensera le jury présidé par la cinéaste néo-zélandaise Jane Campion, qui compte à ses côtés sa consœur américaine Sofia Coppola, le Chinois Jia Zhangke ou encore l'actrice française Carole Bouquet ?
Car en face de Dolan, il y a des poids lourds, entre le biopic du Britannique Mike Leigh (71 ans), consacré au peintre Turner, très apprécié des critiques anglo-saxons, le huis clos psychologique dans un hôtel d'Anatolie du Turc Nuri Bilge Ceylan (55 ans), ou la nouvelle chronique sociale des frères belges Jean-Pierre et Luc Dardenne (respectivement 63 et 60 ans). Autant de favoris déjà largement récompensés à Cannes, comme les Dardenne, détenteurs de deux Palme d'or. Certains les verraient bien recevoir un historique troisième trophée. Mike Leigh a déjà été couronné en 1996 pour Secrets et mensonges. Quant à Nuri Bilge Ceylan, il a raflé deux fois le Grand Prix, souvent qualifié de Palme d'or bis, avec Il était une fois en Anatolie en 2011 et Uzak en 2003.
Mais à regarder l'ensemble des 18 films présentés en compétition, d'autres prétendants sérieux apparaissent comme Timbuktu du Mauritanien Abderrahmane Sissako, vibrant plaidoyer contre un islam intransigeant. Les images somptueuses et l'humour pour compenser la tragédie pourraient en faire le premier film d'Afrique subsaharienne à recevoir la Palme d'or.
Beaux rôles de femmes
Chez les acteurs, le Britannique Timothy Spall, qui campe JMW Turner, était bien placé pour le prix d'interprétation tout comme l'Américain Steve Carell, époustouflant dans Foxcatcher, dans lequel il incarne un milliardaire excentrique toqué de champions olympiques de lutte. À l'issue d'une compétition marquée également par de beaux rôles de femmes, le nom de Julianne Moore était régulièrement avancé. L'actrice américaine incarne avec justesse une actrice en déclin dans un Hollywood monstrueux. La Française Marion Cotillard peut aussi prétendre au titre au regard d'une performance largement soulignée pour Deux jours, une nuit, ainsi que la Canadienne Anne Dorval, impressionnante en mère extravertie prenant soin de son fils bipolaire, impulsif et violent, dans Mommy.
Comme à l'accoutumée, le jury se réunira dès ce matin dans une villa des hauteurs de Cannes pour délibérer. La cérémonie de remise des prix sera retransmise en direct et en clair par Canal+, à partir de 18h55 heure locale (19h55 heure de Beyrouth).
Les jeunes réalisateurs attendront, eux, avec une attention plus particulière l'annonce le même soir de la Caméra d'or, qui récompense les meilleurs premiers films, toutes sections cannoises confondues. Dans l'espoir de suivre les traces d'un Jim Jarmusch, d'une Naomi Kawase ou d'un Steve McQueen, autant de cinéastes devenus incontournables depuis dans le paysage cinématographique mondial.
« The tribe », un muet primé
Entre-temps, The tribe, film muet de l'Ukrainien Myroslav Slaboshpytskiy, a reçu jeudi le Grand Prix de la Semaine de la critique, une section parallèle du Festival de Cannes, ont annoncé les organisateurs. The tribe se déroule dans un pensionnat de sourds-muets. Des étudiants s'organisent en gang mafieux sur fond de racket, prostitution et histoire d'amour. Le film donne au spectateur l'occasion de plonger dans une expérience assez unique, les personnages s'exprimant en langage des signes non traduit. The tribe est le premier film de ce réalisateur âgé de 39 ans, qui succède à Fabio Grassadonia et Antonio Piazza, récompensés pour leur film Salvo en 2013. La Semaine de la critique, créée en 1962, se consacre à la découverte de nouveaux talents. Ken Loach, Guillermo del Toro, Wong Kar-wai ou Jacques Audiard sont passés par là.
« Les ponts de Sarajevo »
Sarajevo en 1914, Sarajevo aujourd'hui. Entre les deux, des guerres, des déchirures interethniques, des plaies à panser. Tous ces sujets sont au centre du long métrage Les ponts de Sarajevo, réalisé par 13 cinéastes européens et présenté jeudi hors compétition. Pour le critique de cinéma et écrivain Jean-Michel Frodon, directeur artistique de ce long métrage, Sarajevo, c'est à la fois « une idée, un espoir et une tragédie ». Et c'est dans ce lieu hautement symbolique que débuteront cet été les grands rendez-vous des commémorations européennes du centenaire du premier conflit à l'échelle mondiale (la grande guerre de 1914-1918). Le long métrage sera projeté à cette occasion le 27 juin à Sarajevo.
Les « must » du tapis rouge
Cannes, royaume du glamour et des robes haute couture... à plusieurs dizaines de milliers d'euros. À défaut de se les offrir, voici quelques tendances repérées sur le tapis rouge que l'on peut toujours copier pour briller dans les soirées.
Le noir semble être détrôné au sommet du chic et les mariées n'ont plus l'exclusivité des robes blanches. L'actrice française Aissa Maiga a donné le ton dans les premiers jours du festival, dans une robe longue blanche Élie Saab, sobre et élégante. Les flashs des photographes ont crépité au passage de l'actrice Hilary Swank, en robe fourreau drapée toute aussi immaculée que celle ceinturée et plissée de Zoe Saldana, habillée par Victoria Beckham.
Le plissé et le drapé sont d'ailleurs des tendances lourdes pour ce Festival de Cannes. « Il y a un côté grec, un peu péplum », souligne Alexandre Fléveau, styliste senior au cabinet de tendances Peclers. Dans le genre, difficile de faire mieux que Blake Lively, très statue grecque dans sa robe longue bordeaux Gucci Première. Un détail glamour, repéré sur de nombreuses actrices : l'épaule dénudée, en asymétrie. De même, il faut savoir dévoiler une jambe, même en étant en robe longue. Le tissu doit être coupé tout le long de la jambe, au minimum jusqu'au bassin. Jessica Chastain en a fait une belle démonstration, en foulant le tapis rouge dans un coup de vent, pour le plus grand bonheur des photographes.
Côté coiffure, bien sûr on a vu des chignons sophistiqués, mais les actrices ont également misé sur des coiffures (faussement) naturelles, avec les cheveux lâchés, comme si elles sortaient du lit, contrastant avec des robes du soir. La tresse est également tendance, haute comme Blake Lively ou posée sur l'épaule comme Eva Longoria.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine