Le ministre intérimaire de l’Intérieur de Libye, Salah Mazek, inspecte les dommages d’une explosion à Tripoli. STR/AFP
La Libye a annoncé des élections législatives dans un mois, pour tenter de sortir le pays de la crise, mais la tenue de ce scrutin semble incertaine face à une recrudescence des violences dans un pays déjà plongé dans le chaos. En effet, face à une recrudescence des violences nourries par des tensions politiques, la ' électorale a fixé au 25 juin la date de l'élection d'un nouveau Parlement pour remplacer le Congrès général national (CGN) considéré par plusieurs observateurs comme une des racines de la crise libyenne, notamment pour n'avoir pas su rétablir la sécurité dans un pays en proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi.
Entre-temps, le général dissident Khalifa Haftar continuait de rallier de nouveaux soutiens à son offensive lancée, selon lui, contre les « groupes terroristes » dans l'est du pays. Ainsi, dans la nuit de mardi à mercredi, le chef d'état-major de la défense aérienne, le colonel Jomâa al-Abani, a annoncé sur une télévision privée qu'il se joignait à l'opération « Dignité » de Haftar. On ignore toutefois ce que représente sa force dans une armée marginalisée sous le régime de Mouammar Kadhafi et qui peine à se construire depuis la révolte de 2011.
Pour leur part, les États-Unis ont nettement pris leurs distances par rapport à cette opération, considérée par les autorités libyennes comme une tentative de coup d'État.
« Nous n'approuvons ni ne soutenons les actions conduites sur le terrain », a déclaré la porte-parole du département d'État, Jennifer Psaki.
L'assassinat d'un ingénieur du bâtiment chinois mardi à Benghazi illustre l'insécurité et l'anarchie qui empêchent tout essor économique ou stabilité politique dans ce riche pays pétrolier.
Explosions à Tripoli
Hier, le chef d'état-major de la marine libyenne a été « légèrement blessé » dans une attaque contre son convoi à Tripoli, a déclaré le porte-parole de la marine. Par ailleurs, des explosions ont été entendues dans le quartier de Salaheddine, dans le sud de la capitale, où sont situés des sites militaires occupés par de puissantes brigades de la région de Zenten, considérées comme le bras armé du courant libéral qui réclame la dissolution du CGN. Les Zentenis, qui sont bien implantés dans la capitale, disent appuyer l'initiative du général Haftar. Leurs rivaux de la ville Misrata (Ouest) ont indiqué mardi qu'ils prenaient leurs distances par rapport aux protagonistes de la crise, tout en appelant au dialogue, atténuant les craintes du déclenchement d'un conflit armé à Tripoli entre ces deux groupes lourdement armés, sur fond de lutte d'influence.
Sur un autre plan, le Congrès, contesté pour avoir décidé de prolonger jusqu'en décembre 2014 son mandat arrivé à expiration en février, a reporté, mardi, à dimanche un vote de confiance au cabinet présenté par Ahmad Miitig, appuyé par les islamistes et qui avait été élu à l'issue d'un vote chaotique et controversé début mai.
Enfin la Cour pénale internationale a débouté Tripoli en appel hier, exigeant une nouvelle fois que Seif al-Islam, fils du défunt dictateur Mouammar Kadhafi, soit transféré à La Haye et non jugé en Libye.
(Source : AFP)

