Jonathan Spangenberg, autoportrait à l’huile.
Imprégné des cultures libanaise et arménienne, vénérant Gibran Khalil Gibran, il exprime son attachement au pays du Cèdre dans une série de peintures à l'huile, accrochées jusqu'au 23 mai au Kulturzentrum*. Né en 1983 à Wiesbaden, Jonathan Spangenberg a passé ses vingt premières années au Liban, qu'il ne quittera qu'en 2004 pour aller poursuivre ses études universitaires en Allemagne. « Mes parents étaient directeurs d'une école à Anjar. C'est là que j'ai grandi, que j'ai appris l'arabe, l'anglais et l'arménien parallèlement à ma langue maternelle », raconte ce jeune allemand, très libanais de cœur.
« J'ai reçu la même éducation que mes copains de classe. J'ai partagé leurs jeux, leurs traditions, sans jamais me sentir différent ou étranger. Le Liban, son esprit, sa culture sont ainsi devenus une part de moi-même. Du coup, parti pour étudier l'archéologie – une vocation évidemment née durant mes années d'enfance sur le site antique de Anjar – je me suis retrouvé confronté à un esprit, des usages européens auxquels je n'étais pas vraiment accoutumé. Ce qui m'a perturbé, provoquant chez moi une véritable crise d'identité. J'ai alors laissé tomber mes études pour accomplir mon odyssée personnelle. Et c'est ainsi que je me suis retrouvé à vagabonder sur les chemins d'Europe jusqu'au Caucase poussant aussi, plus loin, vers le Moyen-Orient », raconte-t-il. C'est au cours de ce « périple initiatique » que Jonathan Spangenberg se découvrira des dons artistiques de conteur, d'écrivain (il dit s'être inspiré du Prophète de Gibran pour construire son premier roman publié en Allemagne), ainsi qu'un certain talent pictural. Devenu peintre « pour survivre », comme il n'hésite pas à le confier, l'artiste autodidacte se prend rapidement au jeu de l'expression picturale.
« L'art m'a apaisé et m'a permis de jeter sur la toile tout ce qui me bouleversait, aussi bien mes émotions négatives que positives », dit-il. À coups de matière travaillée directement à la main, quasiment sans pinceaux, il compose des tableaux aux couleurs fortes et pures, à la pâte épaisse, aux scènes et personnages évoquant un certain art brut, mais aussi largement marqués au sceau de l'expressionnisme allemand. Et c'est mû par un sentiment de « profonde nostalgie mais aussi par une sorte d'appel intérieur » qu'il est revenu, en 2013, au Liban, sur les traces de son enfance.
Une décennie plus tard, les choses ont changé, Jonathan Spangenberg redécouvre différemment, d'un œil d'adulte, ce pays qui l'a façonné irrémédiablement. Et auquel il reste intrinsèquement attaché. D'autant plus qu'il y a rencontré la femme de sa vie. De ce retour aux sources, à « L'esprit de l'est et de l'ouest », comme il a intitulé son exposition, le jeune artiste allemand a tiré une série de peintures libanaises.
Essentiellement des portraits de personnages dans la nature, des visages cernés de végétation exubérante et sauvage, certains évoquant aussi des bas-reliefs antiques, certains plus aboutis que d'autres... Mais tous exprimant des instants de vie, des moments d'émotion et, parfois, une certaine idée du bonheur...
*Jounieh, École libano-allemande, près du téléphérique. Horaires d'ouverture : du lundi au vendredi, de 9h à 18h.
« J'ai reçu la même éducation que mes copains de classe. J'ai partagé leurs jeux, leurs traditions, sans jamais me sentir différent ou étranger. Le Liban, son esprit, sa culture sont ainsi devenus une part...


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