Le président de l'ordre des journalistes, Élias Aoun, a appelé lundi, au nom de l'ordre, à une grève le 6 mai et à un arrêt de la diffusion des informations le 13, date de la comparution devant le TSL des journalistes d'al-Akhbar, Ibrahim al-Amin et d'Al-Jadeed, Karma al-Khayat.
Ces deux journalistes libanais et leurs médias sont poursuivis pour outrage par le tribunal international chargé de juger les assassins de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri.
Au cours d'un rassemblement à l'ordre de la presse en solidarité avec les deux journalistes, Élias Aoun a également appelé le ministre de la Justice, Achraf Rifi, et le Haut conseil de la justice à prendre des mesures à l'encontre des poursuites engagées par le TSL contre Ibrahim al-Amin et Karma al-Khayat. Des représentants de l'ordre de la presse, de l'ordre des journalistes et du syndicat de l'audiovisuel, ainsi que des responsables politiques, des journalistes et des représentants de différents corps médiatiques au Liban ont assisté au rassemblement.
Karma al-Khayat et Al-Jadeed TV, la chaîne pour laquelle elle travaille, ainsi qu'Ibrahim Mohamed al-Amine, rédacteur en chef d'al-Akhbar et son journal sont cités à comparaître devant le TSL pour deux chefs d'accusation "d'outrage et d'entrave à la justice", a annoncé le TSL dans un communiqué publié jeudi dernier.
Les deux journalistes sont accusés "d'avoir délibérément et sciemment entravé le cours de la justice en diffusant et en publiant des informations sur de prétendus témoins confidentiels". Dans sa décision, le juge du TSL en matière d'outrage précise que "la publication du nom de témoins prétendus peut être qualifiée d'entrave (...) à la justice, dans la mesure où elle réduit la confiance, tant des véritables témoins que du public, en la capacité et la volonté du Tribunal de protéger ses témoins".
Début avril 2013, une liste 167 noms, avec leur photo, profession et même leur adresse, présentée comme les personnes appelées à témoigner dans le procès de l'assassinat de Rafic Hariri, avait été publiée par un groupe totalement inconnu se faisant appeler "Journalistes pour la vérité". Ils avaient dit vouloir critiquer la "corruption" au sein du TSL. Le 11 avril, le TSL avait qualifié d'"irresponsable" la publication des noms et souligné qu'il ne s'agissait pas de la "copie exacte" de la liste officielle.
Prononçant un discours lors de ce rassemblement, le président de l'ordre de la presse, Mohammad Baalbaki, a appelé le TSL à réexaminer sa décision. "La presse au Liban représente l'opinion publique libanaise par excellence et s'engage dans la protection de l'entité libanaise", a souligné M. Baalbaki. Selon lui, aucune instance étrangère ne peut poursuivre et convoquer un journaliste ou organise de presse libanais. "Ceci contredit la loi libanaise sur les médias", a-t-il estimé.
Le député Hassan Fadlallah, chef de la commission parlementaire de l'Information et des Communications, a, pour sa part, estimé que le TSL s'est transformé en outil d'obscurantisme contre la liberté de la presse et affirmé que la commission allait prendre des mesures.
Le ministre de l'Information, Ramzi Jreige n'a pas assisté au rassemblement mais un mot en son nom a été lu, dans lequel il appelle les deux journalistes à respecter la procédure du tribunal international et à comparaitre devant le TSL pour prouver leur innocence. Le mot du ministre a été coupé par des sifflements.
Ibrahim al-Amine a, en outre, accusé le ministre de négliger ses devoirs et le gouvernement de permettre au TSL de porter atteinte à la presse libanaise.
Dans l'édition du jour d'As-Safir, M. Jreige a indiqué que le TSL est une instance légitime et que le Liban est engagé par ses décisions. "Ne pas comparaitre sciemment devant cette instance pourrait entrainer la publication de mandats d'arrêts", a-t-il indiqué à l'encontre des deux journalistes. Le ministre a également estimé que les reportages publiés par al-Jadeed et al-Akhbar sur les témoins du TSL contiennent des critiques du tribunal responsables et légitimes.
Lors du rassemblement de solidarité, le député Ziad Assouad (Bloc aouniste) a indiqué que le rôle des médias est de braquer la lumière sur la vérité. « Si le TSL cherche la vérité, il n'a pas à s'attaquer à la presse », a-t-il martelé. Le député Hani Kobeissi (Bloc de Nabih Berry), a, de son côté, estimé que la décision du TSL visait à museler la presse et rappelé que le rôle de l'Etat est de protéger la liberté de la presse. Le député Ali Ammar (Bloc du Hezbollah) a de son côté affirmé qu'on ne pourra altérer la liberté de la presse et que la partie derrière le TSL est connue.
Ces deux journalistes libanais et leurs médias sont poursuivis pour outrage par le tribunal international chargé de juger les assassins de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri.
Au cours d'un rassemblement à l'ordre de la presse en solidarité avec les deux journalistes, Élias Aoun a également appelé le ministre de la Justice, Achraf Rifi, et le Haut conseil de la justice à prendre des mesures à l'encontre des poursuites engagées par le TSL contre Ibrahim al-Amin et Karma al-Khayat. Des représentants de l'ordre de la presse, de...

