Dans l'automobile, comme partout, il y a des situations auxquelles personne ne peut se soustraire, même si on se nomme Porsche. Ce fabricant de voitures basses et rapides doit aujourd'hui faire face à une tendance persistante du marché : le boom des SUV (pour Sport Utility Vehicle). Ce cocktail de 4 × 4, de berline et de break a lancé une véritable OPA sur toute la planète. Depuis 2007, ses ventes ont progressé de 185 %, la version intermédiaire, ou « compact », se taillant un franc succès dans le monde entier. Porsche, qui ouvre un centre à son label tous les quinze jours en Chine, ne pouvait donc rester insensible à cette déferlante.
Après le Cayenne lancé il y déjà presque douze ans, le constructeur allemand propose donc aujourd'hui le Macan, un SUV compact taillé pour la conquête de la planète. Il part d'une base éprouvée, le Q5 de Audi, autre label du groupe Volkswagen, auquel Porsche appartient également. La marque dit avoir réétudié ou réadapté les deux tiers de ses composants, à la manière du fabricant de voitures basses et rapides qu'il demeure avant tout. Cela se voit : le Macan perd en hauteur (moins 4 cm) et gagne en longueur (plus 7 cm) par rapport au Q5, dont il conserve cependant l'empattement. Les occupants sont assis 7 cm plus bas que dans le Cayenne.
À l'intérieur, Porsche oblige, on retrouve le contact à gauche, le compte-tours au milieu ainsi qu'une console centrale prenant de l'altitude à l'approche de la planche de bord. Côté motorisations, tous les Macan sont équipés de V6. Un diesel 3 litres de 258 ch, et deux essence, développant respectivement 340 (3 litres) et 400 ch (3,6 litres). Côté transmission, il est bien entendu un 4 × 4, ou plus exactement une propulsion devenant quatre roues motrices en cas de nécessité. Tous les modèles sont équipés de la boîte double embrayage PDK à 7 rapports.
Le châssis est particulièrement soigné. Une suspension totalement pneumatique est disponible ; elle abaisse de 15 mm la garde au sol par rapport à son homologue strictement métallique. Classique ou pneumatique, celle-ci est contrôlée par un dispositif électronique (PASM) assurant une régulation optimale des mouvements de caisse, aide précieuse sur un SUV. La transmission est pour sa part gérée par le PTM (Porsche Traction Management), et le Macan bénéficie d'une optimisation de la répartition du couple sur l'essieu arrière. Sur le plan esthétique, la ressemblance avec le Cayenne est manifeste. Pourquoi changer une formule qui gagne ? À l'intérieur, on se retrouve également dans une ambiance typiquement Porsche, et c'est tant mieux.
Les deux motorisations essence procurent un velouté de conduite exceptionnel
Macan est un fascinant paradoxe. À quelques minutes d'intervalle, les journalistes ont pu « survoler » les autoroutes autour de Ras el-Khaimah à bord du 400 ch, puis affronter toutes les difficultés imaginables en tout-terrain sur des routes montagneuses aménagées par Porsche. Dans les enchaînements, le Macan ne s'est pas avéré ridicule derrière une 911. Le SUV sportif n'est plus désormais du domaine du rêve.
Le Macan redistribue les cartes sur la planète SUV. Son extraordinaire châssis associé à de brillantes motorisations, le tout livré dans un écrin d'une qualité irréprochable, met à mal la concurrence, à commencer par le cousin Audi Q5, mais dont la version S diesel, avec 313 ch, conserve tout de même un petit avantage. Le Macan illustre à nouveau la célèbre phrase « Que reste-t-il aux grandes ? ».

