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Culture - Bipod

« Still Current » : noces du corps et de la lumière

La compagnie Russell Maliphant, dans sa performance « Still Current », a donné le coup d'envoi à la dixième édition de ce festival qui se déroule jusqu'au 27 avril en partenariat avec celui de Beiteddine et proposant dix spectacles prestigieux sur plusieurs scènes de la ville.

Mariage du corps et de la lumière. Photo Nasser Trabulsi

Quoi de mieux pour fêter la naissance, il y a dix ans, de la plateforme de danse internationale à Beyrouth baptisée Bipod que de lancer l'inauguration avec la compagnie anglaise Russell Maliphant, laquelle, avec le soutien du British Council, a présenté Still Current ! Un spectacle de toute beauté qui raconte la genèse du mouvement.
Il y a deux ans, le chorégraphe s'était produit avec Sylvie Guillem dans le cadre du Festival de Beiteddine. Sa troupe revient cette année avec un autre spectacle retrouver la scène libanaise. Depuis que ce danseur d'origine canadienne et de formation classique a quitté en 1989 le London Royal Ballet qu'il avait intégré auparavant pour monter sa propre compagnie en 1996, Maliphant, véritable chorégraphe atypique, s'est orienté vers une danse contemporaine au sein de laquelle il travaille au mariage du mouvement et de la lumière. En effet, dans ses créations, et « même si ses danseurs sont très professionnels », la lumière occupe toujours une place primordiale sur la scène. Pour ce faire, il collabore avec un éclairagiste d'exception, Michael Hulls.
Dans ses performances, rien ne relève du spectaculaire. Tout est dit dans l'économie du geste superflu. Maliphant explore l'ordinaire, sonde les mouvements de leur naissance à leur chute, lesquels sont tous d'une simplicité et d'une sobriété sidérantes. Et c'est justement cet « ordinaire » qui est d'une beauté remarquable.

Mouvements hypnotiques
Mariage du corps et de la lumière, sur fond d'une très belle musique, cinq tableaux se succèdent, entrecoupés par des intervalles sombres comme si des ténèbres surgissait l'acte. Les danseurs, en duos, trios ou seuls sur cette scène quasi obscure, éclairés par des rais de lumière, réinventent le mouvement. Sous les faisceaux lumineux élaborés jusqu'au millimètre près par un magicien de l'éclairage – Michael Hulls, qui collabore à tous les spectacles de Malliphant – les membres s'animent, se décomposent, se structurent, se libèrent et s'élèvent dans une courbe ascendante. Nimbés de pépites de luminescence radiante, blafarde, striée, mouvante, syncopée par instants, les danseurs, Dickson Mbi au corps d'athlète, Carys Staton à l'élégance gracile, l'agile Thomasin Gülgeç et Adam Kirkham, glissent, réalisent des circonvolutions hypnotiques avec leurs corps qui se nouent et se dénouent dans un mouvement fluide, presque aérien.
Sur fond d'une musique prenante d'Armand Amar, Andy Cowton, Mukul et même Éric Satie, ces tableaux successifs reproduisent le jeu de l'amour, du déchirement, de l'aliénation, de l'équilibre et de la confrontation. Bref, celui de la vie. Élévation et majesté époustouflante de ce matériau « physique » doté d'une âme. La lumière, elle, s'en mêle en découpant les espaces et en effectuant les intersections, rapprochant ou éloignant à loisir les danseurs. Jamais auparavant la définition expression corporelle n'a été plus significative, car c'est un vocabulaire nouveau qu'aborde le chorégraphe.
Russell Maliphant s'inspire des énergies de formes, de torsions, ainsi que des arts martiaux et de la capoeira, qui évoque dans sa gestuelle les mouvements tribaux pour créer un langage corporel. En toute simplicité et épure. Comme quoi pour faire du beau, pas besoin d'en jeter plein la vue.

Quoi de mieux pour fêter la naissance, il y a dix ans, de la plateforme de danse internationale à Beyrouth baptisée Bipod que de lancer l'inauguration avec la compagnie anglaise Russell Maliphant, laquelle, avec le soutien du British Council, a présenté Still Current ! Un spectacle de toute beauté qui raconte la genèse du mouvement.Il y a deux ans, le chorégraphe s'était produit avec Sylvie Guillem dans le cadre du Festival de Beiteddine. Sa troupe revient cette année avec un autre spectacle retrouver la scène libanaise. Depuis que ce danseur d'origine canadienne et de formation classique a quitté en 1989 le London Royal Ballet qu'il avait intégré auparavant pour monter sa propre compagnie en 1996, Maliphant, véritable chorégraphe atypique, s'est orienté vers une danse contemporaine au sein de laquelle il travaille au...
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