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Culture - Que Me Chantez-Vous Là ?

Et que vive le papier !

Composée et écrite par Serge Gainsbourg pour Régine, reine de la fête et ambassadrice de la nuit française dans le monde, « Les P'tits papiers » n'est pas une chanson « légère », tout comme son titre l'indique, mais une chanson à texte devenue culte.

Sur le site de Libération, la chanteuse populaire raconte Gainsbourg, mort il y a quinze ans, qui lui faisait « désirer la chanson comme on désire un homme ». Car si le compositeur avait des muses, des lolitas qui tourbillonnaient autour de lui, notamment Brigitte Bardot, Jane Birkin ou encore Vanessa Paradis, son alter ego féminin était plus probablement le papillon de nuit, Régine. Elle qui partageait avec Gainsbourg son respect pour Fréhel, chanteuse du début du siècle dernier, avait été honorée de la confiance que lui avait prêtée ce dernier. D'ailleurs, elle disait que Serge, comme elle l'appelle, «venait de la goualante popu, du faubourg et des caves à jazz». Comment l'avait-il approchée?
«Il m'a connue barmaid peu avant, je vendais des cœurs croisés sur les marchés. J'ai été fascinée par ses grandes oreilles, cheveux courts. Il ne se trouvait pas beau, inconscient du charisme qu'il dégageait, froid, introverti, grand jeune homme dégingandé. Nonchalance élégante, toujours les paupières baissées, son regard coulait. J'allais le voir à Milord l'Arsouille tous les soirs car, à 23 ans, ouvreuse à deux pas, rue du Beaujolais, j'étais fan de Gainsbourg.»
«Un soir, je me suis approchée et lui ai dit qu'il était formidable (...). Plus tard, je le rappelle en lui disant: Bonjour, c'est Régine, du Whisky à gogo. J'aimerais que tu m'écrives des chansons, je peux avoir le disque? Je lui parle d'Émile Stern, mon directeur artistique, et il rigole, car il adorait Tire tire tire l'aiguille ma fille que Stern avait écrit et Renée Lebas chanté après-guerre.» Le lendemain matin, à trois heures, Gainsbourg pointe chez Régine et lui dit : «Ta voix me fait penser à Fréhel», «et ça a été notre déclaration d'amour commune pour cette chanteuse. Il se met au piano et chantonne "J'ai un autre truc, mais je ne sais même pas si c'est une chanson..." Il sort un papier avec des bouts de phrases et j'entends le début de Laissez parler les p'tits papiers... À la minute, je me dis: C'est ma chanson. J'ai immédiatement su que c'était mon tube, confie encore Régine, et j'ai compris plus tard quand il m'a fait les P'tits papiers qu'il pensait à Fréhel et à ses P'tits pavés.»
Régine évoque également les séances d'enregistrement. «Ce n'était pas joyeux quand on enregistrait; la rigueur était de mise, pas question de rigoler, pas de frivolité: "Concentre-toi."» « En même temps, il ne voulait pas de mauvaise humeur ou de lassitude », conclut Régine dans ce même entretien rapporté sur le site de Libération.
En fin de compte, une chanson est née, hommage à l'écriture, au papier (aujourd'hui tombé en désuétude à cause du Web), mais hommage aussi aux sans-papiers et aux grandes causes. «Laissez parler les p'tits papiers... laissez brûler les p'tits papiers, papiers de riz ou d'Arménie; qu'un soir, ils puissent, papier maïs, vous réchauffer.»

Sur le site de Libération, la chanteuse populaire raconte Gainsbourg, mort il y a quinze ans, qui lui faisait « désirer la chanson comme on désire un homme ». Car si le compositeur avait des muses, des lolitas qui tourbillonnaient autour de lui, notamment Brigitte Bardot, Jane Birkin ou encore Vanessa Paradis, son alter ego féminin était plus probablement le papillon de nuit, Régine. Elle qui partageait avec Gainsbourg son respect pour Fréhel, chanteuse du début du siècle dernier, avait été honorée de la confiance que lui avait prêtée ce dernier. D'ailleurs, elle disait que Serge, comme elle l'appelle, «venait de la goualante popu, du faubourg et des caves à jazz». Comment l'avait-il approchée?«Il m'a connue barmaid peu avant, je vendais des cœurs croisés sur les marchés. J'ai été fascinée par ses grandes...
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