Des secouristes et des volontaires ont couru hier au secours des habitants d’un quartier d’Alep violemment bombardé par l’aviation syrienne. Hosam Katan/Reuters
Au moins 29 combattants rebelles ont été tués hier dans l'explosion d'une voiture piégée survenue dans la partie assiégée de Homs, sous contrôle des insurgés, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Le bilan des morts risque toutefois de s'alourdir, des dizaines de personnes étant portées disparues, a précisé l'OSDH. Pour sa part, l'agence SANA a fait état de « l'explosion à Homs d'une voiture que des terroristes étaient en train de piéger (...), tuant un certain nombre d'entre eux ». Quelque 1 400 personnes avaient été évacuées des quartiers assiégés de Homs en février, en vertu d'un accord entre le régime et les rebelles négocié par l'ONU.
Parallèlement, à Damas, deux personnes ont été tuées par la chute d'obus de mortier, dont l'un sur l'opéra qui a subi des dégâts matériels, selon SANA. Situé sur la place des Omeyyades, où se trouvent d'importants bâtiments gouvernementaux et militaires, comme l'état-major de l'armée, l'opéra a été inauguré en 2004 par le président Bachar el-Assad. Dix-huit personnes ont également été blessées par l'explosion des obus, notamment dans les quartiers des Abbassides et de Doueila, a poursuivi SANA. Samedi, des obus de mortier s'étaient abattus près de l'ambassade de Russie et des centres de sécurité, provoquant d'importants dégâts et un violent incendie dans le quartier de Mazraa, mais sans faire de victimes, avait indiqué l'OSDH. Depuis quelques jours, les tirs d'obus attribués aux rebelles se sont intensifiés sur la capitale.
Ces attaques interviennent alors que les forces du régime continuent de pilonner les secteurs rebelles dans la Ghouta orientale, à la périphérie de Damas, notamment à Mleiha. Au moins 39 rebelles y sont morts depuis jeudi, selon l'OSDH. Vendredi, l'armée a mené quatre raids contre Mleiha, qu'elle assiège depuis près de six mois. Samedi aussi, dans la province d'Idleb, des combats se sont déroulés entre les troupes du régime et les rebelles aux alentours de la localité de Babouline, prise vendredi par les insurgés. Ce progrès a resserré l'étau autour de Wadi Deif, une des dernières importantes bases de l'armée dans la province.
Émeute sanglante à Zaatari
D'autre part, sur le plan humanitaire, de violents affrontements entre policiers jordaniens et réfugiés syriens ont secoué le camp de déplacés de Zaatari, dans le nord de la Jordanie, ont annoncé les autorités jordaniennes. La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, a indiqué dans un communiqué la Direction de la sécurité publique. « Des dizaines de réfugiés du camp de Zaatari ont déclenché une émeute après que la police eut arrêté un groupe de réfugiés qui avaient quitté illégalement le camp. Vingt-deux policiers ont été blessés dans les affrontements. Les émeutiers ont brûlé six tentes et deux caravanes, et ont tenté d'attaquer des postes de police. Trois émeutiers ont été blessés », selon le communiqué.
« Une femme a été tuée au cours des affrontements », a affirmé un témoin, sans fournir de précisions. Un porte-parole de la police jordanienne a démenti cette affirmation. « Personne n'a été tué », a-t-il dit. Toutefois, l'ONU a annoncé hier le décès de l'un des réfugiés syriens, blessé par balle. Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a précisé que les affrontements au camp de Zaatari ont fait des dizaines de blessés, dont 28 policiers, et que neuf tentes et cinq caravanes avaient été brûlées.
Le camp de Zaatari abrite plus de 100 000 Syriens. Depuis son ouverture il y a deux ans, il a été le théâtre de plusieurs manifestations de protestation, le plus souvent contre les médiocres conditions de vie qui prévalent à l'intérieur du camp. Au total, la Jordanie accueille sur son territoire plus de 500 000 réfugiés syriens.
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