La population de Bangui ne cachait pas hier sa satisfaction de voir se retirer de la force africaine en Centrafrique (Misca) l'armée tchadienne, que l'ONU a accusée d'avoir perpétré un massacre sans avoir été provoquée. Escorté par des soldats français, burundais, rwandais et congolais de la Misca, un convoi d'une trentaine de véhicules transportant les 200 soldats tchadiens basés à Bangui a quitté hier la ville pour rejoindre de nouvelles positions en province, dans l'attente du retrait définitif du pays dont la date n'a pas été communiquée. Le Tchad part ainsi alors que les forces africaines et l'armée française réclament, au contraire, des renforts pour pacifier le pays.
La polémique sur la tuerie du week-end dernier a enflé toute la semaine, avec des versions radicalement différentes. Outre les 30 morts, 300 personnes avaient également été blessées samedi dernier par les tirs tchadiens à Bangui, selon un nouveau bilan de l'ONU rendu public hier.
Présentant hier les premiers résultats des enquêteurs des Nations unies sur la tuerie, un porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Rupert Colville, a directement accusé les Tchadiens : « Ils ont illégitimement ouvert le feu sur la population. Les soldats ont tiré de façon indiscriminée. » La Misca, la France et le gouvernement centrafricain ont, eux, pointé du doigt les miliciens antibalaka, qu'ils accusent d'avoir attaqué à la grenade le détachement tchadien. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a condamné de son côté des « atrocités épouvantables contre les civils », sans mentionner expressément ces tirs.
(Source : AFP)
Moyen Orient et Monde - Centrafrique
Accusés d’avoir commis un massacre, les soldats tchadiens s’en vont
OLJ / le 05 avril 2014 à 00h00

