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Moyen Orient et Monde - Crimée

Kiev accuse Moscou d’être impliqué dans les tueries du Maïdan

La Russie annonce la deuxième très forte augmentation des prix du gaz en trois jours, faisant craindre une nouvelle « guerre du gaz ».

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov accueillait hier ses homologues des pays alliés de Moscou au sein de l’« OTAN russe », soit la Biélorussie, l’Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan. Kirill Kudryavtsev/AFP

Les nouvelles autorités ukrainiennes ont accusé hier les services secrets russes d'être impliqués dans les tueries de février pendant les manifestations de Kiev qui ont débouché sur la chute du régime prorusse.
« Des agents du FSB (services secrets russes) ont participé à la planification et à la mise en œuvre de la soi-disant opération antiterroriste » lors des manifestations du Maïdan, la place de l'Indépendance au centre de la capitale, a affirmé le nouveau chef des services de sécurité ukrainiens, Valentin Nalivaïtchenko, présentant les résultats préliminaires de l'enquête sur les tirs mortels effectués par des snipers. Le bilan de ces journées sanglantes, du 18 au 20 février, s'est élevé à près de 90 morts. C'est le président prorusse déchu Viktor « Ianoukovitch (qui) a donné l'ordre criminel », a-t-il poursuivi, accompagné du ministre de l'Intérieur du pouvoir intérimaire, Arsen Avakov. Les deux hommes ont toutefois indiqué ne pas pouvoir identifier avec certitude les tireurs embusqués qui opéraient au fusil à lunette.
Le FSB a aussitôt démenti ces accusations explosives et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a affirmé qu'elles « sont contredites par de nombreuses preuves ».
Sur la même lancée, à Kiev, le parquet général a annoncé l'arrestation de douze membres des anciennes forces spéciales antiémeute, les « Berkout », soupçonnés d'être impliqués dans ces tueries.
Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a de son côté déclaré à la BBC que M. Ianoukovitch, déjà recherché par Kiev pour « meurtres de masse », « sera poursuivi ». Le président déchu, réfugié en Russie, avait par avance démenti toute responsabilité mercredi sur une chaîne de télévision russe.

Un « prix politique »
Face à ces accusations, Moscou a comme prévu répliqué en ayant recours à l'arme du gaz, utilisée à répétition dans son bras de fer avec Kiev, qui dépend de ces livraisons pour les trois cinquièmes de ses besoins. La Russie a ainsi annoncé la deuxième très forte augmentation en trois jours – 81 % de hausse au total –, portant les 1 000 mètres cubes à 485 dollars, un des prix les plus élevés appliqués aux pays européens. C'est le Premier ministre russe Dmitri Medvedev qui a annoncé la décision, renforçant son caractère politique.
Moscou a également demandé que Kiev rembourse au plus vite sa dette énergétique, chiffrée à 2,2 milliards de dollars, alors que l'économie de l'ex-République soviétique est chancelante, dépendante d'un accord conclu la semaine dernière avec le Fonds monétaire international (FMI). Le ministre ukrainien de l'Énergie Iouri Prodan a jugé ce prix « inacceptable pour l'Ukraine, car c'est un prix politique », faisant craindre une nouvelle « guerre du gaz » dont les conséquences pourraient toucher toute l'Europe.
Pour tenter d'aider Kiev, le Parlement européen a approuvé hier la quasi-suppression des droits de douane pour l'exportation de produits ukrainiens vers l'Union européenne.

« Graves risques pour la sécurité »
Ces derniers développements ne devraient pas apaiser les tensions entre la Russie et les Occidentaux.
La Russie a d'ailleurs exprimé son mécontentement à l'ambassadeur d'Allemagne à Moscou, après la comparaison « provocatrice » du ministre allemand des Finances du rattachement de la Crimée à l'annexion des Sudètes par Hitler.
Et l'Agence européenne de la sécurité aérienne a recommandé aux compagnies d'aviation d'éviter l'espace aérien de Crimée, évoquant de « graves risques pour la sécurité ».
Moscou s'en est également pris à l'OTAN, après que l'Alliance atlantique a exprimé sa vive inquiétude sur les concentrations de troupes russes à la frontière orientale de l'Ukraine, agitant le spectre d'une possible invasion. Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, avait jugé mercredi « incroyablement inquiétante » la présence massive de troupes russes à la frontière. Et le plus haut gradé de l'Alliance en Europe, le général américain Philip Breedlove, avait averti que les soldats russes pourraient mener à bien en trois à cinq jours d'éventuelles opérations dans l'est et le sud russophones de l'Ukraine. Moscou venait pourtant d'assurer que certaines unités envoyées à la frontière devaient regagner leurs bases...
M. Lavrov a donc répliqué hier en demandant que l'OTAN s'explique sur le renforcement de sa présence en Europe de l'Est. Il accueillait par ailleurs hier ses homologues des pays alliés de Moscou au sein de l'« OTAN russe », soit la Biélorussie, l'Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan.

(Source : AFP)

 

Les nouvelles autorités ukrainiennes ont accusé hier les services secrets russes d'être impliqués dans les tueries de février pendant les manifestations de Kiev qui ont débouché sur la chute du régime prorusse.« Des agents du FSB (services secrets russes) ont participé à la planification et à la mise en œuvre de la soi-disant opération antiterroriste » lors des manifestations du Maïdan, la place de l'Indépendance au centre de la capitale, a affirmé le nouveau chef des services de sécurité ukrainiens, Valentin Nalivaïtchenko, présentant les résultats préliminaires de l'enquête sur les tirs mortels effectués par des snipers. Le bilan de ces journées sanglantes, du 18 au 20 février, s'est élevé à près de 90 morts. C'est le président prorusse déchu Viktor « Ianoukovitch (qui) a donné l'ordre...
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