La ministre européenne des AE Catherine Ashton (centre, gauche) et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif lors des discussions « utiles » hier à Vienne. Dieter Nagl / AFP
Les grandes puissances et l'Iran se sont félicités hier de nouvelles discussions « utiles » sur le programme nucléaire iranien à Vienne, alors que les prochaines discussions-marathon devraient se dérouler du 7 au 9 avril.
« Nous avons eu des discussions substantielles et utiles », a assuré à la fin de deux jours de réunion la ministre européenne des Affaires étrangères Catherine Ashton. Cette dernière, qui mène la négociation au nom du 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne), s'exprimait aux côtés de Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères. Comme il est d'usage en cours de négociation, elle s'est bornée à énumérer les sujets de discussion – « l'enrichissement (d'uranium), le réacteur d'Arak, la coopération nucléaire civile et les sanctions » –, sans entrer dans le détail.
Mais pour M. Zarif, dont les propos étaient reproduits par l'agence de presse Fars, « sur les quatre sujets, il y a les signes d'une entente possible respectant les droits de la nation iranienne ». « Il est prévu de commencer au cours de la réunion au mois d'Ordibehesht (21 avril-21 mai) les négociations (...) pour la rédaction de l'accord final », a-t-il ajouté. En novembre, les deux parties avaient conclu un plan sur six mois. Celui-ci prévoit le gel de certaines activités nucléaires iraniennes en échange d'une levée partielle et provisoire des sanctions internationales qui étranglent l'économie de l'Iran et le privent chaque semaine de milliards de revenus tirés du pétrole. Les négociateurs essaient de transformer l'accord – au plus tôt d'ici au 20 juillet – en un arrangement définitif qui supprimerait toutes les sanctions en échange de garanties solides données par Téhéran. Enjeu : la fin d'une décennie de confrontation dangereuse entre l'Iran, qui proclame son droit au nucléaire civil, et les grandes puissances, qui le soupçonnent de chercher secrètement à se doter de la bombe atomique.
À Vienne cette semaine, les négociateurs « ont abordé les principaux sujets plus à fond qu'ils ne l'avaient jamais fait précédemment », a indiqué un haut responsable américain. La même source parle d'un climat « professionnel, respectueux, intense » et soucieux des détails dans les discussions. Les négociateurs des deux côtés auraient notamment avancé dans l'identification des « écarts » existants entre la position iranienne et celles des 5+1, et sur la façon de les combler. Les points les plus délicats sont l'étendue du programme iranien d'enrichissement d'uranium et le réacteur à eau lourde d'Arak. Cet équipement encore en construction utilise la filière du plutonium, qui pourrait elle aussi servir à fabriquer une bombe nucléaire. Selon le négociateur iranien Abbas Aragchi, les discussions butent notamment sur la définition des « besoins pratiques » de l'Iran, en vue d'un accord concernant le nombre et le type des centrifugeuses utilisées pour enrichir l'uranium. Quant au réacteur d'Arak, pas question à l'heure actuelle pour l'Iran d'y renoncer.
Encore beaucoup d'écueils
Un écueil a été évité cette semaine à Vienne : la Russie et les Occidentaux sont parvenus à laisser de côté leur vif affrontement autour de la Crimée pour se présenter unis face à l'Iran. La négociation sur le nucléaire iranien reste toutefois tributaire d'autres pressions politiques très fortes au sein des États concernés. Mardi à Washington, 83 des 100 sénateurs américains ont ainsi posé leurs conditions au président Barack Obama pour accepter un accord final. Ils exigent notamment la fermeture du réacteur d'Arak. En Iran à l'inverse, les deux tiers des députés ont mis en garde dimanche contre les velléités d'imposer « des limitations ou des interdictions sur les activités de recherches, notamment le développement (...) d'Arak et l'enrichissement ». Même son de cloche pour le président iranien Hassan Rohani, qui a réaffirmé que l'Iran n'abandonnera pas la maîtrise de la technologie nucléaire, notamment l'enrichissement d'uranium.
« Nous avons eu des discussions substantielles et utiles », a assuré à la fin de deux jours de réunion la ministre européenne des Affaires étrangères Catherine Ashton. Cette dernière, qui mène la négociation au nom du 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne), s'exprimait aux côtés de Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères. Comme il est d'usage en cours de négociation, elle s'est bornée à énumérer les sujets de discussion – « l'enrichissement (d'uranium), le réacteur d'Arak, la coopération nucléaire civile et les sanctions »...


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13 h 33, le 20 mars 2014