Le chef du Parti des travailleurs du Kurdistan, Abdullah Öcalan. Joseph Barrak/AFP
La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné hier la Turquie pour la peine incompressible de réclusion à perpétuité infligée au rebelle kurde Abdullah Öçalan, et son isolement « inhumain » durant ses premières années sur l'île-prison d'Imrali.
Depuis son arrestation en 1999 jusqu'en 2009, M. Öçalan, aujourd'hui âgé de 64 ans, était le seul détenu sur l'île-prison située au large d'Istanbul. « Un certain nombre d'éléments, tels que l'absence de moyens de communication permettant d'éviter l'isolement social de M. Öçalan ou encore la persistance d'importantes difficultés d'accès à l'établissement pénitentiaire jusqu'au 17 novembre 2009 ont constitué un traitement inhumain », a estimé la Cour dans un communiqué. La télévision lui était interdite et il disposait de livres et d'un poste de radio « pouvant capter uniquement des émissions étatiques », relève la Cour. En outre, ses seuls contacts à l'intérieur de la prison étaient limités aux membres du personnel. Ses juges estiment qu'aujourd'hui, les conditions de détention du chef rebelle ne peuvent plus être considérées comme inhumaines après le 17 novembre 2009, quand M. Öçalan a été rejoint par d'autres détenus sur l'île, et que la fréquence des visites a été augmentée. Ils notent que le chef rebelle bénéficie depuis 2012 d'un téléviseur. Leur jugement est confirmé par un récent rapport du comité de prévention antitorture (CPT) du Conseil de l'Europe faisant suite à une visite en janvier 2013 à Imrali. Le CPT avait estimé que Abdullah Öçalan n'était plus maltraité dans sa prison, même s'il pourrait bénéficier de davantage de promenades à l'air libre et de contacts avec les autres détenus.
Mais un point continue, selon les juges de Strasbourg, de poser problème : le fait que le rebelle kurde risque de « rester en prison pour le reste de sa vie », ce qui « s'apparente à une peine incompressible, également constitutive d'un traitement inhumain ».
La Turquie a aussitôt annoncé qu'elle ferait appel de cet arrêt non définitif, et qu'elle n'avait l'intention ni de changer sa législation ni de rejuger le chef du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
(Source : AFP)


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