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Agenda - L’Orient-Le Jour

Nohad Azar, une époque, un style

Ce départ qui nous plonge dans une incommensurable affliction, nous tous qui l'avons connue c'est-à-dire aimée, ce départ, comme cela ne lui ressemble pas, elle qui fut si présente tout au long de nos plus belles années comme aux jours les plus sombres de l'histoire de ce pays, Nohad faisant ses premiers pas dans al-Jarida avant de passer à la une de L'Orient, dans de délectables « Potins de la commère ».

Venue d'un univers où avaient brillé son oncle puis son père, représentant du caza de Jezzine au Parlement, elle avait opté pour l'autre côté de la politique, le journalisme, où sa plume pouvait s'exercer, incisive mais jamais méchante, ironique plutôt que blessante, et toujours ce zeste d'humour qui n'a cessé d'accompagner toutes les étapes de sa vie.


Nohad fidèle, ô combien, à son cher Jezzine et attentive aux doléances de ses Jezziniotes qu'elle connaissait un à un et dont elle s'enquérait à chaque fois que l'occasion se présentait.

Nohad passant le plus clair de son temps dans les hôpitaux et les cliniques pour suivre un patient en quête d'un peu d'attention, intervenant auprès d'une personne haut placée pour une démarche concernant une connaissance ; s'inquiétant des besoins de chacun.
Nohad assistante irremplaçable de Michel Eddé dans les postes ministériels qu'il a occupés comme à son étude d'avocat, puis à la tête du conseil d'administration de L'Orient-Le Jour, ou encore en directrice du cabinet d'Amine Bizri, alors ministre des Travaux publics.


Nohad enfin – c'est l'image la plus forte que nous gardons d'elle – débarquant au journal, l'anthologie des articles de Georges Naccache (Un rêve libanais, éd. FMA, juillet 1983) ouvert à la page intitulée « Tu es bien ceci... », entreprenant de la lire à l'adresse des collègues qui l'entouraient puis, la gorge prise par l'émotion, s'arrêtant, incapable d'aller plus avant, à la phrase : « Aussi loin que remonte la mémoire, tu as été (il s'agit du Liban – NDLR) le lieu de croisement de toutes les pensées des hommes, le lieu de rencontre de toutes leurs grandes entreprises. »


Nohad Azar, c'est tout cela pour nous et bien plus encore. Quoi ? Une époque, un style inimitable, une présence à nulle autre pareille, la marque que laissent certains êtres d'exception sur ceux qui ont eu le privilège de les rencontrer. Indélébile, cette marque.

Ce départ qui nous plonge dans une incommensurable affliction, nous tous qui l'avons connue c'est-à-dire aimée, ce départ, comme cela ne lui ressemble pas, elle qui fut si présente tout au long de nos plus belles années comme aux jours les plus sombres de l'histoire de ce pays, Nohad faisant ses premiers pas dans al-Jarida avant de passer à la une de L'Orient, dans de délectables « Potins de la commère ».
Venue d'un univers où avaient brillé son oncle puis son père, représentant du caza de Jezzine au Parlement, elle avait opté pour l'autre côté de la politique, le journalisme, où sa plume pouvait s'exercer, incisive mais jamais méchante, ironique plutôt que blessante, et toujours ce zeste d'humour qui n'a cessé d'accompagner toutes les étapes de sa vie.
Nohad fidèle, ô combien, à son cher Jezzine et...