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Sport - Football - Fraude Fiscale

Le président du Bayern Munich condamné à une lourde peine

Le président du prestigieux club Bayern Munich, Uli Hoeness, a été condamné hier à trois ans et demi de prison ferme pour avoir fraudé le fisc de plus de 27 millions d'euros.

L’avenir de Hoeness à la présidence de l’un des plus grands clubs européens pourrait être remis en cause avec cette condamnation. Christof Stach/AFP

« Monsieur Hoeness est condamné à une peine de prison ferme de trois ans et six mois pour sept cas graves de fraude fiscale », a annoncé hier Rupert Heindl, le juge du tribunal de Munich, au quatrième jour du procès.
L'accusé risquait au maximum dix ans de détention. Le parquet avait requis cinq ans et demi de prison ferme tandis que l'avocat d'Uli Hoeness, Hanns W. Feigen, avait plaidé en faveur d'au maximum une peine avec sursis, faisant valoir que son client s'était lui même dénoncé aux autorités fiscales allemandes.
Mais le juge a estimé que cette « autodénonciation » n'était « pas valide ».
Le président du Bayern Munich s'était pourtant construit une image de « Monsieur intègre » à la tête de l'un des plus grands clubs européens de football, avant de se retrouver au centre d'un vaste scandale. Figure du ballon rond allemand depuis plus de 40 ans, à la fois en tant que joueur et dirigeant de club, Uli Hoeness, 62 ans, est connu pour ses « coups de gueule » en public, offrant volontiers un visage rouge de colère aux caméras toujours à l'affût de ses déclarations intempestives. Ironie de l'histoire, dans l'une de ses dernières « sorties » légendaires, il avait dénoncé sur un plateau de télévision le projet de la gauche radicale d'instaurer un impôt sur les gros revenus. « Alors les riches iront en Autriche ou en Suisse et alors on n'en tirera rien du tout » de leur argent, s'était-il emporté.
Aujourd'hui, Ulrich Hoeness se retrouve au cœur de l'un des plus gros scandales de l'histoire du sport allemand, condamné pour avoir fraudé le fisc de plus de 27 millions d'euros, en ne déclarant pas des revenus boursiers touchés en Suisse.
Au pays du football roi, l'affaire a fait d'autant plus de bruit qu'il passait jusqu'ici pour un « Allemand exemplaire, un modèle pour le pays tout entier », selon l'hebdomadaire Der Spiegel.
Manageur général du Bayern Munich pendant 30 ans avant de devenir président du conseil de surveillance, ce fils de charcutier du sud de l'Allemagne, reçu à dîner par la chancelière Angela Merkel, dirige d'une main de maître le club le plus titré du football allemand.
Il a fait du Bayern Munich l'un des clubs les plus prospères de la planète avec un chiffre d'affaires record de 393,9 millions d'euros lors de la saison 2012/2013.
Classé parmi les plus grands d'Europe, il a réalisé en 2013 – au moment même où Uli Hoeness était en pleine tourmente – un triplé historique en gagnant la Ligue des champions, le championnat et la Coupe d'Allemagne.

« Je servirai ce club »
Grâce à Hoeness et sa calculatrice, le club munichois est devenu un modèle économique pour d'autres clubs tombés aux mains de milliardaires russes, d'émirs du Golfe ou souvent criblés de dettes, parvenant à la consécration européenne sans se ruiner et même avec des coffres remplis. À des années-lumière d'un Real Madrid ou d'un Barcelone aux dettes abyssales. La recette d'Uli ? Tout simplement ne pas dépenser plus que l'on gagne.
C'est également ce principe qu'il a appliqué à sa fructueuse entreprise de saucisses industrielles. Basée à Nuremberg, cette PME partie de rien fabrique aujourd'hui des saucisses au curry pour le géant Mc Donald's et livre 10 000 tonnes de produits par an. Ces succès d'homme d'affaires ne l'empêchent pas de soutenir – en toute discrétion – des organisations caritatives. Il participe aux fêtes de Noël des clubs de supporteurs, aide discrètement un joueur en difficulté, vole au secours de clubs mal en point comme son grand rival, Dortmund, au bord de la faillite en 2005. Mais Uli Hoeness, c'est également un impressionnant palmarès de joueur sous le maillot bavarois entre 1970 et 1979 (trois titres de champion d'Allemagne, trois victoires en C1). Il est également champion du monde en 1974 et d'Europe en 1972, mais doit raccrocher les crampons à 27 ans en raison d'une blessure à un genou. Unique survivant de l'accident d'un avion de tourisme en 1982, il est souvent présenté comme le supporteur numéro un du Bayern. « Le club, c'est l'œuvre de ma vie. J'y tiens de toutes les fibres de mon cœur et il en sera toujours ainsi. » Malgré ses déboires, actionnaires, dirigeants et fans lui ont jusqu'ici apporté un soutien indéfectible. Ovationné lors de l'assemblée générale en novembre (« Uli Hoeness, tu es le meilleur ! »), le bouillonnant dirigeant avait fondu en larmes et juré : « Je servirai ce club jusqu'à mon dernier souffle. »
(Source : AFP)

« Monsieur Hoeness est condamné à une peine de prison ferme de trois ans et six mois pour sept cas graves de fraude fiscale », a annoncé hier Rupert Heindl, le juge du tribunal de Munich, au quatrième jour du procès.L'accusé risquait au maximum dix ans de détention. Le parquet avait requis cinq ans et demi de prison ferme tandis que l'avocat d'Uli Hoeness, Hanns W. Feigen, avait plaidé en faveur d'au maximum une peine avec sursis, faisant valoir que son client s'était lui même dénoncé aux autorités fiscales allemandes.Mais le juge a estimé que cette « autodénonciation » n'était « pas valide ».Le président du Bayern Munich s'était pourtant construit une image de « Monsieur intègre » à la tête de l'un des plus grands clubs européens de football, avant de se retrouver au centre d'un vaste scandale....
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